Plusieurs Maliens accusent les médias français de traiter cette actualité avec beaucoup de partialité. Les autorités françaises ne sont pas épargnées par cette vague de critiques acerbes.
L’attaque suicide, qui a coûté la vie au ministre malien de la Défense et des anciens combattants, le général Sadio Camara, samedi dernier à Kati, à quelques kilomètres au nord-ouest de Bamako, a largement été relayée par la presse française avec la même antienne : l’essoufflement de la junte militaire ayant à sa tête le président Assimi Goïta. Le 26 avril dernier, TV5 Monde commente à la suite d’un reportage sur cet attentat terroriste : « la junte semble fragilisée malgré ses communiqués ».
Pour Karamoko Dembele, c’est le commentaire de trop. Cet entrepreneur malien, installé à Bamako, répond à TV5 Monde, dont la France assure plus de 60 % du budget, en indexant les autorités françaises : « j’ai l’impression que cette situation vous convient parfaitement ». Il poursuit : « la manière dont vous semblez vous réjouir des difficultés du Mali donne à penser qu’un éventuel régime opposé serait davantage à votre service qu’au service des Maliens. À ce rythme, il est difficile d’imaginer quel gouvernement malien accepterait de collaborer avec vous, tant le peuple ne se reconnaît plus dans vos intentions ».
La résidence de Sadio Camara attaquée
Au Mali, il n’est pas le seul à s’en prendre ainsi aux médias français, accusés de profiter de cette situation dramatique pour accabler le régime en place à Bamako. Les mêmes tirent aussi à boulets rouges sur l’Etat français accusé, lui, de vouloir regagner en influence dans la région en explosant l’Alliance des Etats du Sahel (AES), proche de Moscou. « Que la France sache que rien ne la ramènera dans le Sahel jusqu’à la fin du monde », promet un Malien dans un forum de discussion hostile justement à la France.
Le jour de l’attaque de la résidence de Sadio Camara à Kati, Emmanuel Macron se trouvais à Athènes en Grèce, où il a scellé plusieurs accords avec le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis au palais Maximou. Il ne s’est pas exprimé sur ce drame, le Quai d’Orsay encore moins. Il ne faut d’ailleurs pas s’attendre à ce que Paris réagisse à toutes ces accusations. Même celles qui soupçonnent des collusions avec le FLA et du Jnim.
L’attaque qui a coûté la vie au ministre malien de la Défense est en effet attribuée à ces deux groupes terroristes, qui opèrent dans le Sahel. A la suite de cette attaque mortelle, Assimi Goïta a pris la parole pour rassurer en assurant que la situation est désormais maîtrisée. Il a aussi fait savoir qu’un « violent coup d’arrêt a été donné aux assaillants » et que le « plan funeste de l’ennemi a été déjoué ».


