Sénégal : l’université Cheikh Anta Diop après l’échauffourée mortelle

Sénégal : l’université Cheikh Anta Diop après l’échauffourée mortelle

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La vie a repris sur le campus après le décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, en février dernier. Le gouvernement, lui, s’emploie à exorciser ce type de contestation.   

Le week-end dernier, Alioune Badara Kandji, le recteur de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), a donné le coup d’envoi d’une grande randonnée pédestre sur le campus de la principale université du Sénégal. Pendant plusieurs heures, enseignants et étudiants ont marché côte à côte. Signe que la paix et la sérénité sont bien revenues à l’Ucad après la violente échauffourée de février dernier, qui a coûté la vie à Abdoulaye Ba, jeune étudiant en médecine. 

« Tout est revenu à la normale », assure Pape Abdoulaye Touré, le fondateur de l’Initiative zéro impunité (IZI). Ce leader associatif connait bien ce dossier, lui qui a vécu les évènements de février aux premières loges. Il se rappelle que tout est parti des arriérés de bourse à verser aux étudiants en attente d’une admission en cycle master. Une situation qui a allumé la mèche. La suite c’est l’embrasement avec en point de mire le décès de Abdoulaye Ba. Pour éviter la déflagration, les autorités ont été obligées de fermer l’université.

Cette fermeture a depuis été levée. Les forces de l’ordre, qui avaient investi le campus se sont retirées. « Les étudiants vaquent normalement à leurs occupations », fait savoir Pape Abdoulaye Touré. 

Collusion entre étudiants et parti politiques

La vie a donc repris sur le campus social de l’Ucad. Le pavillon F, dans lequel Abdoulaye Ba vivait, a même été réouvert après une fermeture pour besoin d’enquête. C’est la même chose du pavillon B, situé en face du pavillon F, qui avait aussi été le théâtre de scènes de violence en février dernier. « Les étudiants de l’Ucad ne pensent plus qu’à terminer sereinement leur année académique. Surtout qu’ils accusent beaucoup de retard », ajoute notre interlocuteur. 

Malgré tout, le feu couve sous la cendre à l’Ucad. Cette semaine encore, pendant la cérémonie de la pose de la première pierre du monument qui sera érigé à la mémoire d’Abdoulaye Ba, des voix se sont levées pour accuser les responsables de l’Ucad de favoriser la division des étudiants. Depuis ce mois en effet, le rectorat a validé un processus électoral censé aboutir, le mois prochain, à l’élection des représentants des étudiants qui auront le droit de siéger au sein du conseil d’administration de l’Ucad. Problème : les droits des étudiants sont actuellement défendus par les amicales, dont les membres sont élus dans chacune des facultés et dans les grandes écoles de l’Ucad. Ces amicales sont chapeautées par Le Collectif des amicales, qui a été en première ligne de l’échauffourée de février dernier. Et que le gouvernement soupçonne de collusion avec les partis politiques de l’opposition. 

Le Collectif des amicales sur la touche ?

Assiste-t-on à la mise sur la touche du Collectif des amicales ? Beaucoup d’étudiants sur le campus de l’Ucad le pense. Ce collectif est d’ailleurs sous le coup d’une suspension prononcée au lendemain de l’échauffourée mortelle de février. Si ces soupçons venaient à se confirmer, il n’est pas exclu que des protestations germent à nouveau sur le campus de l’Ucad. Toutefois, les responsables de cette université n’ont pas confirmé la fin des amicales. 

Par contre, il est évident que le gouvernement ne tient pas à ce que l’université soit utilisée comme une arme de déstabilisation par des officines politiques. « Chaque parti politique a une base sur les campus, c’est une certitude, explique un syndicaliste. Mais de là à dire que les partis politiques de l’opposition ont monnayé les leaders estudiantins, c’est trop. Nos revendications sont documentées. Tout ce que l’on veut c’est des meilleures conditions de vie », poursuit cette source anonyme, qui défend mordicus le bilan du Collectif des amicales. 

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Michel Ange Nga

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