Au moins un infirmier a déjà perdu la vie depuis la réapparition de la fièvre hémorragique Ebola dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo.
Dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), les infirmiers se préparent au pire. Le nouveau variant d’Ebola, qui a déjà fait 80 morts, de source officielle, n’a pas épargné les blouses blanches. « Les infirmiers ont peur pour leur vie. D’ailleurs, parmi les premiers cas de décès, il y a des infirmiers », confie une source contactée à l’Ordre national des infirmiers de la RDC (Onic).
Comme un signe de mauvais présage, le président provincial de l’Onic dans l’Ituri a lui-même contracté la maladie. Ce qui renforce bien les appréhensions des infirmiers en première ligne. Le gouvernement congolais ne dit pas le contraire. Le week-end dernier, Roger Kamba, le ministre de la Santé publique, de l’hygiène et la prévoyance sociale, a reconnu, au cours d’un point de presse à Kinshasa, que le personnel soignant « paie le plus lourd sacrifice » de cette nouvelle épidémie d’Ebola.
L’épidémie est déclarée dans trois zones de santé
C’est bien pourquoi l’Onic est sur le qui-vive depuis que le gouvernement a déclaré l’épidémie dans trois zones de santé de l’Ituri (Bunia, Rwampara et Mongwalu). C’était le 15 mai dernier. Le lendemain, l’Onic s’est empressé d’édicter des mesures censées protéger les infirmiers au moment d’administrer les soins aux malades. « L’Onic recommande vivement aux infirmières et infirmiers des trois zones de santé concernées par l’épidémie d’Ebola de porter les équipements de protection individuelle (EPI) lors de la prise en charge des patients », comme on peut le lire dans une communication.
Le Conseil international des infirmières
Ce n’est pas tout. Les responsables de l’Onic demandent aussi aux autorités sanitaires du pays « d’améliorer les conditions de travail des infirmiers et infirmières pour leur permettre d’assurer une prise en charge adéquate sans mettre leur vie en danger ». Une demande qui sera sans doute réglée loin des caméras. Le gouvernement congolais a convié l’Onic aux séances de travail censées organiser la riposte nationale.
Par ailleurs, le Conseil international des infirmières (CII), basé en Suisse, a promis d’apporter toute son aide grâce à un projet d’assistance, comme le confirme notre source à l’Onic. Mais avant toute intervention extérieure, l’Onic s’active à dresser une situation détaillée et complète de l’épidémie dans l’Ituri. Les résultats de cette évaluation devraient être disponibles cette semaine.
En rappel, c’est la 17e épidémie d’Eola qui frappe la RDC depuis l’identification du virus en 1976 à Yambuku, dans la province de l’Équateur, à l’ouest du pays.



