Sénégal : comment Barthélémy Dias affûte ses armes pour 2029

Sénégal : comment Barthélémy Dias affûte ses armes pour 2029

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L’ancien maire de Dakar est officiellement candidat à la prochaine élection présidentielle. En attendant l’échéance, il s’investit dans la construction d’un appareil politique. 

Barthélémy Dias fait le pari d’entrer au palais de la République en 2029. Il a confirmé son ambition la semaine dernière sur le plateau de la télévision sénégalaise 7TV. « Je ferai beaucoup plus que Abdoulaye Wade et Macky Sall en termes de réalisations. Je ne cite pas Abdou Diouf parce qu’il a dû gérer un ajustement structurel contrairement aux deux autres », promet l’ancien maire de Dakar. 

Qu’en est-il de binôme Bassirou Diomane Faye et Ousmane Sonko qu’il a l’intention de remplacer au sommet de l’Etat ? « C’est un accident de l’histoire », lâche Barthélémy Dias sans sourciller. Ce n’est pas la première fois qu’il tire des boulets rouges sur le président sénégalais et son Premier ministre. « Ce sont des incompétents, des incapables, des aigris, des envieux », regrette Barthélémy Dias sur 7TV. 

Barthélémy Dias contre Ousmane Sonko

La guerre est donc déclarée, à trois ans de la prochaine élection présidentielle. Mais en réalité, l’opposition entre Barthélémy Dias et Ousmane Sonko et le parti des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) n’est pas nouvelle. Les deux hommes s’étaient déjà affrontés sur le terrain politique lors des législatives anticipées de novembre 2024. Une bataille remportée dans les urnes par Ousmane Sonko. Beaucoup avaient alors reproché à Barthélémy Dias de s’être contenté de faire du rentre dedans à son adversaire. 

« Nous avons vu Barthélémy Dias s’enfermer dans des attaques personnelles au lieu d’être une force de contrepropositions à Pastef », avait analysé Moussa Diaw, enseignant-chercheur en sciences politiques à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis, dans les colonnes du quotidien Le Soleil. Visiblement, Barthélémy Dias a retenu la leçon. En tout cas, s’il continue d’avoir la dent dure contre les responsables du Pastef au pouvoir, l’ancien maire de Dakar affûte ses armes.

Le 28 mai de l’année dernière, il a officiellement lancé son mouvement politique, baptisé Sénégal Bi Ñu Bokk (en français le Sénégal que nous partageons). Depuis le début de cette année, il a entamé une ambitieuse tourné politique sur toute l’étendue du territoire sénégalais. Une tournée qu’il a nommée Dokh Mbokk, qui est traduit en français par « marcher ensemble ». 

A chaque étape de la tournée, il discute avec les Sénégalais, dénonce la vie chère qu’il attribue à l’incompétence du pouvoir actuel, regrette que la courbe du chômage des jeunes demeure sur une tendance haussière, se plaint de la faiblesse des politiques publiques. Un discours taillé sur mesure pour attirer dans ses rangs tous les déçus du régime. 

« La souffrance des populations face à la cherté de la vie, au manque d’opportunités et aux difficultés qui frappent les familles au quotidien », a indiqué Barthélémy Dias sur ses réseaux sociaux la semaine dernière, de retour du département de Bambey. Il ajoute : « mais malgré le désespoir que certains veulent installer, les populations gardent leur dignité, leur courage et leur espoir. Notre engagement reste total : être à leurs côtés, écouter leurs préoccupations et porter avec elles l’alternative dont le Sénégal a aujourd’hui besoin ».

Barthélémy Dias est lancé

A bien regarder de près, cette tournée politique nationale n’a rien d’anodin. Avant lui, Macky Sall avait fait pareil pour se donner les moyens de remporter l’élection présidentielle en 2012. Barthélémy Dias n’invente donc pas le fil à couper le beurre. Il reproduit fidèlement un modèle qui a fait ses preuves. C’est la même chose quand il prend soin de rendre des visites de courtoisie aux leaders des puissantes confréries musulmanes, dont le poids politique n’est plus à démontrer. Il s’est déjà rendu à Touba accompagné d’une forte délégation auprès de la famille religieuse mouride.

Le leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk a aussi rencontré Serigne Mahi Niass, le khalife de Médina Baye ; Serigne Cheikh Tidiane Niass, khalife de Léona Niassène ; Serigne Khalilou Maké Sanokho, khalife de Touba Sanokho et Serigne Assane Seck, khalife de Thiéneba.  Barthélémy Dias est donc lancé. « Je ne suis puis là pour suivre. J’ai fait mes preuves, j’ai mouillé le maillots ». Des mots qui laissent bien deviner qu’il est prêt à aller jusqu’au bout. Ce socialiste dans l’âme, qui a fait ses classes au Parti socialiste sénégalais, veut réaliser un vœu cher à Ousmane Tanor Dieng, ancien leader des socialistes décédé en juillet 2019. Ce dernier rêvait de voir son parti revenir au pouvoir après Abdou Diouf, qui a quitté le poste de président en 2000.

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Aurelien Owona

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