Cet axe long de 80 kilomètres est le véritable poumon économique de la province de l’Ituri, déclarée foyer de la nouvelle épidémie d’Ebola.
Plusieurs Congolais dans la province de l’Ituri, foyer de la nouvelle épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), demandent aux autorités de cette province de fermer la route qui relie Bunia, la capitale provinciale, à Mungwalu. Ils présentent cette route comme un vecteur de l’épidémie. « Normalement, la division provinciale de la santé, en collaboration avec le gouvernement provincial, devrait confiner la commune rurale de Mungwalu : pas d’entrées ni sorties. Ebola existe bel et bien et les gens meurent », comme le fait remarquer un habitant de Mungwalu.
Ce dernier fait justement partie de ceux qui pensent que la circulation sans restriction sur la route Bunia-Mungwalu aggrave le bilan de cette épidémie. Cette thèse n’est pas dénuée d’arguments. Dès le 15 mai dernier, alors que le gouvernement à Kinshasa officialisait l’épidémie, le ministre de la Santé, Roger Kamba, a reconnu que les villes de Bunia et Mungwalu étaient les plus concernées, avec la commune de Rwampara. C’est pour cette raison que la route entre Bunia et Mungwalu, longue de 80 kilomètres, est particulièrement pointée du doigt.
L’épidémie d’Ebola n’est pas l’IA
Mais tout est surtout partie d’une saillie du média numérique communautaire Ituri Yetu, qui se plaint de ce que les personnes qui empruntent cette route ne croient pas à l’existence d’Ebola. Ce qui a suscité la colère de plusieurs habitants dans l’Ituri, qui craignent pour leur vie. Un de ces derniers a lui aussi manifesté sa colère contre les sceptiques par une saillie : « ils croient que cette maladie c’est l’IA ? »
Malgré toutes ces plaintes, la circulation entre Bunia et Mungwalu est toujours aussi intense. Difficile d’ailleurs de fermer cette route, principal poumon économique de la province de l’Ituri. D’abord parce qu’une grande quantité de vivres circulent sur cet axe, réhabilité cette année avec l’inauguration de quatre ponts. Ensuite parce que Mungwalu, peuplée d’environ 40 000 personnes, est l’un des grands centres miniers du pays.
Pour le moment, le gouvernement provincial insiste sur le respect des mesures barrières. Dans un message adressé à la population cette semaine, le gouverneur de la province de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya Kashama a rappelé l’ensemble de ces mesures : se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ou à la cendre, accepter les contrôles de température, éviter les poignées de main, et surtout ne pas toucher les personnes malades ou décédées sans protection.



