Tournée diplomatique au pas de course, mesures sociales à la pelle… en quelques jours de fonction. L’hyperactivité du nouveau président du Bénin intrigue, même au-delà des frontières de son pays.
Dans une lettre d’admiration qu’il feint d’envoyer au nouveau président du Bénin, Charles Konaté, jeune Guinéen, s’étonne : « ça commence fort, monsieur le président ». Cet admirateur de Romuald Wadagni loue l’hyperactivité du nouveau locataire du palais de la Marina à Cotonou.
Romuald Wadagni a effectivement débuté son mandat au pas de course. Au lendemain de sa prise de fonction, le 24 mai, il a formé son premier gouvernement. Quelques jours après, il entamait une tournée de prise de contact. Le nouveau président s’est rendu dans cinq pays en quatre jours.
Les mesures sociales de Romuald Wadagni
Une activité diplomatique qui n’a pas empêché Romuald Wadagni de prendre des mesures fortes. Le 3 juin dernier, en conseil des ministres, il autorise le déblocage d’une enveloppe d’un milliard de FCFA pour permettre aux hôpitaux publics d’améliorer les soins d’urgence. Une pareille dotation spéciale est prévue pour encourager les producteurs. Romuald Wadagni a aussi validé l’achat de bus neufs pour le transport des étudiants.
« Dans le secteur de l’éducation, la gratuité de la scolarité pour les filles de la 6e jusqu’en terminale. La mesure existait, mais était limitée au premier cycle de l’enseignement secondaire général et technique. Désormais le second cycle aussi est pris en compte afin de lutter contre la déscolarisation des filles », ajoute Bertrand Houanho, du quotidien béninois Matin Libre. Pour ce journaliste, qui suit l’actualité politique de son pays depuis des années, le nouveau président est pressé d’agir parce que les attentes sont nombreuses.
Romuald Wadagni, un président bien préparé
Ce n’est pas peu de le dire. En dix ans de pouvoir, Patrice Talon, le prédécesseur de Romuald Wadagni, a su relancer la machine économique, mais en créant une croissance inclusive. Principale architecte de cette relance, Romuald Wadagni souhaite rectifier le tir en priorisant le social. « Il a promis d’œuvrer pour que désormais la croissance économique soit ressentie dans le panier de la ménagère », fait savoir notre source.
Une mission que Romuald Wadagni a chevillé au corps, selon toutes évidences. Et tout laisse croire qu’il vient d’entamer un mandat time-consuming. Même si pour Leonel Loumou, associé-gérant du cabinet Orin Consulting, cette hyperactivité de Romuald Wadagni est avant tout la preuve que ce dernier est bien préparé. « Il sait qu’il doit imprimer sa marque en s’attaquant aux chantiers abandonnés par son prédécesseur », explique ce conseiller politique.



