Sénégal : les grands enseignements du congrès du Pastef

Sénégal : les grands enseignements du congrès du Pastef

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Les responsables du parti de Ousmane Sonko se sont retrouvés ce week-end pour le premier congrès de l’histoire de leur parti. Ils en ont profité pour envoyer, implicitement, des messages.  

Ce samedi soir au Centre des expositions de Diamniadio, Ousmane Sonko plastronne sur l’estrade au moment de faire son discours. C’est la mine des grands jours, celle des soirs de victoire politique. Les traits serrés du 22 mai dernier à son domicile, Cité Keur Gorgui à Dakar, après son limogeage à la primature, ont cédé la place au sourire guilleret qu’il affiche ce 6 juin devant les délégués des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), réunis à Diamniadio pour le tout premier congrès de l’histoire de leur jeune parti politique.

Pas de doute donc, l’ancien Premier ministre est convaincu d’avoir transformé l’essai. Des confidences de couloir, avant ce congrès, laissaient entendre que Ousmane Sonko ne voulait pas seulement d’un congrès, mais qu’il voulait faire de cet évènement une démonstration. Il voulait surtout envoyer des messages clairs. Lesquels ? Aujourd’hui l’Afrique en a choisi cinq pour vous.

1 Au Pastef, c’est Sonko et encore Sonko

Sans surprise, l’ancien Premier ministre a été reconduit à la tête du Pastef. Il était le seul candidat en lice après que tous les autres candidats ont été éliminés pour diverses raisons par la Haute autorité de régulation du parti (HARP), l’organe interne chargé du respect des statuts et de la validation des candidatures au Pastef. 

Ousmane Sonko confirme bien qu’il a gardé une influence sans faille sur ce parti qu’il a cofondé en 2014. Mais ce qui montre bien qu’il a la maîtrise sur ce parti, c’est le sort qui a été réservé à tous ceux qui ont critiqué cette élection. Leur voix n’a pas suffi à gâcher la fête à Diamniadio le week-end dernier. Pourtant, Aldiouma Sow, un des cadres du Pastef, a crié à hue et à dia pour mettre à l’index le rejet des candidatures par la HARP. La veille du congrès, il a envoyé une dernière pique : « demain, samedi 6 juin, s’ouvre à Diamniadio ce que l’actuelle direction qualifie de congrès ». Sans succès. 

2 En avant la révolution

L’élection de Ousmane Sonko a constitué le clou des travaux du congrès du Pastef. Parallèlement à cette élection, la direction du parti avait aussi à cœur de bien repréciser les idées souverainistes de cette famille politique. Une urgence pour le Pastef après la brouille entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, ancien secrétaire général, accusé par les militants d’avoir abandonné la cause souverainiste. 

En reprenant la direction du Pastef, Ousmane Sonko a donc la charge de réaffirmer cet ancrage idéologique, qui a fait le succès de Pastef auprès des couches populaires. « Le maintien du lien entre le peuple, le parti et les institutions constituent désormais une condition essentielle de la poursuite souverainiste engagée par le Sénégal », a d’ailleurs fait savoir Amadou Moustapha Ndieck Sarre, le vice-président du Pastef.  

3 Exit 2024, rendez-vous en 2029

En prenant la parole pour son discours au Centre des expositions de Diamniadio, Ousmane Sonko n’a pas parlé de Bassirou Diomaye Faye. Enfin, pas explicitement parce que le différent entre les deux hommes transpirait de ce discours très applaudi. Surtout parce que le leader du Pastef ne s’est pas gêné pour présenter la séquence politique de 2024, qui a conduit le Pastef au pouvoir avec Bassirou Diomaye Faye comme président, comme un essai manqué. « L’histoire nous enseigne une chose : les peuples peuvent conquérir le pouvoir sans parvenir à transformer l’Etat », a déclaré Ousmane Sonko.

Exit cette séquence manquée de 2024. Le Pastef a tout de suite investi Ousmane Sonko comme son candidat pour la prochaine élection présidentielle prévue en 2029. Une échéance que le parti prépare d’ores et déjà avec la certitude de reconquérir le pouvoir pour affirmer la souveraineté du Sénégal. Ce que peine à faire Bassirou Diomaye Faye.

4 Le Pastef au-delà du Sénégal

Surtout ne dites plus que le Pastef est un accident de l’histoire. C’est l’antienne qui fâche chez les camarades de Ousmane Sonko. Ce dernier se rappelle qu’en 2014, à la naissance du parti, plusieurs se moquaient de ces jeunes fonctionnaires épris de souverainisme. Mais ça c’était avant. Ousmane Sonko ne doute pas, en tout cas, que le Pastef est devenu 12 ans après, le principal parti politique du Sénégal. 

L’influence du Pastef a même traversé les limites des frontières du pays de la Téranga. Plusieurs leaders politiques étrangers ont fait le déplacement de Diamniadio le week-end dernier. C’est le cas de Saùl Ortega, du parti socialiste unifié du Vénézuéla, fondé en 2007 par Hugo Chavez. Il n’a pas manqué de saluer le travail du Pastef, qu’il a présenté comme une invitation adressée aux peuples opprimés du monde pour le combat contre la colonisation.

5 Organisation parfaite 

Ousmane Sonko s’est empressé de féliciter le comité d’organisation du congrès. A en croire le leader du Pastef, tout a roulé comme sur des billes. Si ce dernier se lâche ainsi, c’est bien parce que l’organisation de cet évènement était l’un de ses grands défis. Tout laisse d’ailleurs croire qu’il s’est lui-même impliqué en amont. Selon de nombreuses confidences concordantes, c’est Ousmane Sonko qui a préféré Diamniadio, la nouvelle ville construite dans la commune de Rufisque, à 30 kilomètres de Dakar pour désengorger la capitale sénégalaise. Au départ, c’est bien Dakar qui devait accueillir ce congrès historique. 

Par ailleurs, le Pastef se réjouit d’avoir remporté la bataille de la mobilisation. Plus de 2000 congressistes ont fait le déplacement de Diamniadio. Le parti loue aussi l’engagement des militants. Pour preuve, plus 160 mille bracelets ont été vendus pour une recette de plus de 160 millions de FCFA.

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Michel Ange Nga

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