Pour le moment, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine ne manifeste aucune ambition politique. Ils sont pourtant nombreux, dans son pays, à lui prédire un destin présidentiel.
La prochaine élection présidentielle n’est pas pour bientôt. Et malgré tout, Léon, étudiant en biochimie à l’université de N’Djamena, tire déjà des plans sur la comète. En 2029, il croise les doigts pour que Moussa Faki Mahamat gagne la présidentielle pour « sauver le Tchad ».
À N’Djamena et dans les autres grandes villes du Tchad, ils sont nombreux à peindre l’ancien président de la Commission de l’Union africaine (UA) en messie. Ce qui n’a rien de fantaisiste. « Le Tchad connaît actuellement de fortes difficultés socio-économiques et des frustrations politiques. Dans ce climat, toute personne perçue comme compétente ou différente bénéficie naturellement d’un effet de contraste », explique le Dr Ahmat Yacoub Dabio, le président du Centre d’études pour le développement et la prévention de l’extrémisme (Cedpe).
Moussa Faki Mahamat coche les cases
Ce spécialiste en gestion de crises est convaincu que Moussa Faki Mahamat coche toutes les cases, comme d’autres aussi. En plus de l’ancien président de la Commission de l’UA, le Dr Ahmat Yacoub Dabio cite l’ancien ministre Ngali Nogoté, qui a par ailleurs dirigé le Dialogue national souverain.
Mais depuis que Moussa Faki Mahamat a été désigné nouvel envoyé spécial du Pacte pour la prospérité, les peuples et la planète (4P), en juin 2025 à Séville en Espagne par les principaux dirigeants du monde, sa cote de popularité s’est davantage accrue dans son pays, surtout parmi les jeunes. Ils sont convaincus que Moussa Faki Mahamat est l’homme de la situation dans un pays où nombreux se plaignent du chômage des jeunes, de l’insécurité, de l’accès limité aux infrastructures de base et même des restrictions imposées aux partis politiques.
Moussa Faki Mahamat toujours loin de la scène politique tchadienne
Moussa Faki Mahamat n’est pourtant candidat à rien du tout. Ancien Premier ministre de Idriss Déby Itno, il connait la haute administration, mais il n’a jamais manifesté plus d’ambition que ça. Depuis son départ de la Commission de l’UA, en mars 2025, il n’a pas daigné se rapprocher de la scène politique de son pays. Il vit désormais entre le Qatar et les Émirats arabes unis, si on croit des sources concordantes. Et surtout, il ne chôme pas. Mais Léon croise les doigts pour qu’il se décide enfin à préparer la campagne censée le conduire au palais de Toumaï, toujours occupé par Mahamat Idriss Déby.



