RDC : Augustin Kabuya, le porte-voix du projet de changement de la Constitution

RDC : Augustin Kabuya, le porte-voix du projet de changement de la Constitution

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Le secrétaire général de l’UDPS, le parti du président Félix Tshisekedi, est sur un nouveau front : convaincre le maximum des Congolais du bien-fondé du changement de la Constitution.  

Pas de vêtement d’apparat. Juste une casquette blanche vissée sur la tête, une chemise sombre et un pantalon noir assorti… Dimanche dernier, à Limete, la commune administrative de la ville de Kinshasa, Augustin Kabuya, 55 ans, est monté sur l’estrade, dressée au siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, au pouvoir), comme un Avengers. Si ceux des studios Marvel défendent le monde contre les méchants, Augustin Kabuya, lui, a trouvé son combat : défendre le projet de changement de la Constitution que les principaux opposants congolais veulent empêcher.

Ce projet est le nouveau point de discorde entre l’UDPS du président Félix Tshisekedi et l’opposition. Tout est parti d’une conférence de presse, le 6 mai dernier, pendant laquelle Félix Tshisekedi a secoué le marigot politique congolais en se confiant sur son avenir politique. « Je n’ai pas sollicité le troisième mandat, mais je vous le dis, si le peuple veut que j’aie un troisième mandat, j’accepterai ».

Coalition 64

Problème : le président achève son second et dernier mandat en 2028. Et la Constitution ne lui permet pas de briguer un nouveau mandat. Sauf si cette loi fondamentale est révisée, sinon même complètement changée. C’est visiblement cette dernière option qu’a choisie l’UDPS. Le parti, selon toutes vraisemblances, a confié à son secrétaire général, Augustin Kabuya, le soin de mener à bien ce dossier.

En bon tribun, Augustin Kabuya ne rate pas l’occasion d’accabler les opposants, comme dimanche dernier à Limete. Pendant plusieurs minutes, il a moqué le sit-in organisé par les opposants regroupés au sein de la Coalition article 64 (C64), l’article qui empêche Félix Tshisekedi de faire un troisième mandat. En plus de déclarer que ce sit-in a été « un échec », Augustin Kabuya accuse les opposants de la C64 d’avoir distribué des machettes et des bidons d’essence avant le sit-in… Accusations dénoncées en face.

Augustin Kabuya ne fait pas que parler. Il a lui aussi entrepris de créer une coalition semblable à celle de l’opposition : la Coalition des Congolais pour le changement de la Constitution (C4), le chiffre 4 pour les quatre zones linguistiques du pays (lingala, swahili, tshiluba et kikongo). Dès son lancement, Augustin Kabuya parle d’une plateforme qui va rassembler des partis politiques, des organisations de la société civile, des confessions religieuses et des mouvements associatifs. L’objectif déclaré est de sensibiliser les Congolais pour une adhésion massive à la campagne initiée pour le changement de la Constitution.

Augustin Kabuya pique un coup de sang

Le secrétaire général de l’UDPS a d’ores et déjà entamé des consultations pour former cette plateforme. Le 22 mai, il a rencontré en grande pompe Pascal Mukuna, un évêque de l’obédience chrétienne pentecôtiste. Des communicateurs de l’UDPS font savoir que Augustin Kabuya a rencontré plusieurs autres leaders politiques et associatifs. Mais près d’un mois après, la moisson est bien maigre. À l’exception de quelques pasteurs pentecôtistes, la coalition C4 est presque vide.

En réaction, Augustin Kabuya a piqué un coup de sang en s’étonnant de ce que les leaders politiques rassemblés au sein de la plateforme Union sacrée, qui soutient Félix Tshisekedi, traînent encore le pas. C’est bien Jean-Pierre Bemba, Vital Kamerhe ou encore Bahati Lukwebo qui sont visés par cette sortie. Les yeux sont tournés vers ces cadors de la politique congolaise, qui, pour le moment, n’ont pas répondu à Augustin Kabuya.

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Patrick Ayin

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