Le leader des Urgences panafricanistes tient à garder le sourire malgré ses déboires judiciaires. En plus, Kemi Seba n’a rien perdu de sa harangue de révolutionnaire.
C’est une photo furtive, presque floue. Tout laisse croire qu’elle a été prise de loin et rapidement… Elle montre Kemi Seba et son fils Khonsou, sourire aux lèvres, dans le banc des accusés d’un tribunal de Pretoria, en Afrique du Sud. Le président de l’organisation de défense des droits des noirs Urgences panafricanistes, qui vit entre la case prison et cette salle d’audience, est bien décidé à garder la tête haute malgré son maintien en détention.
En plus d’afficher cette mine de beaux jours devant les objectifs, il poursuit son combat idéologique pour la libération du continent noir, le slogan de l’ONG Urgences panafricanistes, qu’il a cofondée en décembre 2015 à Dakar, au Sénégal. Depuis sa cellule, Kemi Seba continue de critiquer l’ancien président béninois Patrice Talon et son successeur Romuald Wadagni, les deux présentés par lui comme des suppôts du « colon occidental ».
Kemi Seba accusé de blanchiment de capitaux
Le Bénin a émis un mandat d’arrêt international contre Kemi Seba pour blanchiment de capitaux, incitation à la rébellion et pour des liens présumés avec une tentative de coup d’État. Les autorités béninoises demandent son extradition à la justice sud-africaine.
« Le colon occidental, accompagné de ses complices du gouvernement béninois et de certains Sud-Africains noirs et blancs (…) pensaient sans doute nous briser en nous gardant, mais chaque seconde passée dans ce camp de persécution noire qu’est cette prison, ne fait que renforcer notre détermination à éteindre le système néocolonial qui a intégralement aliéné notre globale population », a écrit Kemi Seba au 66ᵉ jour de détention.
Quand il n’accable pas les autorités de son pays d’origine, le Bénin, le président des Urgences panafricanistes pointe du doigt la xénophobie dans les prisons sud-africaines. Un paradoxe dans le pays de Nelson Mandela, l’ancien président sud-africain, qui s’est battu toute sa vie pour faire reconnaitre les droits humains dans son pays. « N’importe quelle commission des droits de l’homme visiterait en caméra cachée ce centre pénitentiaire qu’il en serait, dans les heures qui suivraient leur venue, définitivement fermé pour crimes contre l’humanité, ce à juste raison », écrit celui qui est souvent présenté dans la presse comme un « activiste ».
Des manifestations annoncées
L’ONG Urgences panafricanistes s’est aussi mobilisée. « Nous ne respirerons pas tant que notre leader Kemi Seba et notre fils Khonsou Seba seront gardés en prison par les traitres noirs et les colons blancs, le tout avec le silence coupable de certains pseudos combattants, qui ont bénéficié du travail et des sacrifices de Kemi », a déclaré Célina Sakhet, une des cadres des Urgences panafricanistes.
Cette organisation a d’ores et déjà annoncé que si son leader et son fils étaient maintenus en prison jusqu’à la prochaine rentrée, elle allait organiser des manifestations devant les ambassades de la France, du Bénin et de l’Afrique du Sud partout dans le monde.



