Le président sénégalais est très actif sur le plan diplomatique. En deux ans, Bassirou Diomaye Faye peut se vanter de présenter un bilan dans ce domaine.
Sous d’autres cieux, on aurait parlé d’une petite victoire. À Dakar, Bassirou Diomaye Faye ne s’est pas fait prier pour présenter la réélection de son compatriote Bacre Waly Ndiaye comme membre du Comité des droits de l’homme des Nations Unies, pour un mandat de trois ans, comme une victoire diplomatique. Le président sénégalais ne l’avoue peut-être pas, mais il est très actif sur le plan diplomatique. En deux ans, il peut s’enorgueillir que cette activité ait produit des victoires claires, à défaut, des accessits encourageants.
Bassirou Diomaye Faye n’a donc pas que la réélection de Bacre Waly Ndiaye à mettre dans son bilan diplomatique. Dès son arrivée au pouvoir en avril 2024, le président s’est attelé à aplanir les divergences avec la France. Son élection avait été interprétée comme le début du gel des relations franco-sénégalaises, parce que Bassirou Diomaye Faye a été porté au pouvoir par un parti qui défend des idées souverainistes.
Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron
Le 27 août 2025, Bassirou Diomaye Faye est reçu au palais de l’Élysée par Emmanuel Macron. Baïdy Agne, le patron des patrons sénégalais, qui accompagnait Bassirou Diomaye Faye confie à RFI qu’il n’y a pas de sentiment anti-français au Sénégal, contrairement à ce que laisse penser la rumeur ambiante. Le ton est donné.
Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel se rencontrent à nouveau en mai dernier à Nairobi, au Kenya, pendant le sommet Africa Forward. En parallèle, Cheikh Niang, le ministre de l’Intégration africaine, des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, le discret VRP de Bassirou Diomaye Faye, poursuit la discussion avec Jean-Noël Barrot, le ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, dans le but de réviser le cadre de coopération bilatérale entre les deux pays. Paris et Dakar souhaitent repartir sur de nouvelles bases. Assez pour satisfaire le président sénégalais.
Comme avec la France, Bassirou Diomaye Faye s’est aussi rapproché de Adama Barrow, son homologue gambien. Objectif avoué : raffermir la coopération entre les deux pays, qui se sont souvent querellés pour de multiples raisons. Adama Barrow était pour cela à Dakar au début de ce mois.
Le nouveau pari diplomatique de Bassirou Diomaye Faye
Bassirou Diomaye Faye s’est aussi considérablement rapproché de ses pairs de la sous-région. Partout, il tient le même discours. Le président sénégalais tient à réunir les efforts de tous les pays pour combattre l’insécurité en Afrique de l’Ouest. En avril dernier, il s’est personnellement impliqué dans l’organisation, à Dakar, d’un forum international sur la paix et la sécurité en Afrique. Julius Maada Bio, le président de la Sierra Leone, et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le président de la Mauritanie, ont assisté à ce rendez-vous. Des débuts encourageants.
Alors qu’il revient au Sénégal d’occuper le fauteuil de président de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à partir du mois prochain, Bassirou Diomaye Faye a proposé Birame Diop à ce poste. Il faut encore que ses homologues acceptent cette candidature le mois prochain. C’est le nouveau pari diplomatique de Bassirou Diomaye Faye.
Il a déjà mis Cheikh Niang en mission auprès de certains chefs d’État, comme Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire et Faure Gnassingbé du Togo. Bassirou Diomaye Faye n’hésite pas non plus à présenter son candidat comme l’homme de la situation. Birame Diop, est un général de l’armée sénégalaise qui a occupé des fonctions importantes au sein de l’état-major militaire sénégalais Dans une sous-région en guerre contre le terrorisme, Bassirou Diomaye Faye est convaincu que Birame Diop est l’homme qu’il faut à la tête de la Commission de la Cedeao. En plus, le haut gradé a une bonne expérience diplomatique pour avoir été conseiller militaire du secrétaire général de l’ONU, au Département des opérations de paix, où il a contribué à « mettre en œuvre des politiques relatives à la prévention des conflits », comme le rappelle la diplomatie sénégalaise.



