Les responsables de March and March n’ont pas l’intention de faiblir après la mobilisation très médiatisée du 30 juin dernier. Ils promettent toujours plus de marches xénophobes.
Casquette blanche vissée sur la tête, Jacinta Zuma, la leader du mouvement anti-immigration March and March, harangue une foule conquise devant un commerce, qui emploie, selon elle, des immigrés sans-papiers. La scène se passe un peu plus d’une semaine après les marches xénophobes du 30 juin dernier en Afrique du Sud. On se rappelle qu’à l’appel de March and March, plus de 120 marches avaient été organisées dans plusieurs villes sud-africaines. Une mobilisation qui en appelle d’autres. Car Jacinta Zuma et ses camarades ne veulent pas faiblir avant d’obliger les autorités administratives du pays à passer à l’action en chassant tous les sans-papiers.
« Le seul langage que le gouvernement comprend est l’action massive et nous encourageons donc nos membres, à travers le pays, à descendre pacifiquement dans la rue jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites », comme on peut lire dans une note d’information du Comité exécutif national (CEN) de March and March. Le mouvement a fait plus en rendant public, cette semaine, son plan d’action pour les trois prochains mois. À la lecture de ce document, il ne fait aucun doute que Jacinta Zuma et ses camarades veulent durcir le ton pour se faire entendre.
Les centres économiques en ligne de mire
Ils annoncent « un déploiement massif » sur l’ensemble du territoire. March and March va continuer de battre le pavé. En plus de marcher, le mouvement prévoit d’organiser des manifestations pacifiques, d’installer des piquets de grève dans les grands centres économiques. Et même des « opérations éclairs », sans en dire plus sur la nature de ces opérations.
March and March n’a d’ailleurs pas attendu longtemps pour passer à l’action. Ce 9 juillet, des marches pacifiques ciblent la chaîne de restaurants de l’enseigne Chisa Nyama, très populaire en Afrique du Sud. Un choix qui n’a rien de fantaisiste. Pour cause, les leaders anti-immigration demandent aux entreprises d’arrêter d’employer des sans-papiers pour donner plus d’opportunités aux Sud-Africains.
March and March prévoit aussi d’engager des discussions avec les partis politiques. L’objectif est d’imposer le durcissement des lois d’immigration dans le débat politique. Un projet qui parle à l’African Transformation Movement (ATM), un parti représenté à l’Assemblée nationale et dirigé par Vuyolwethu Zungula, qui prône lui-aussi l’adoption des mesures strictes en matière d’immigration. Les responsables de March and March et ceux de l’ATM ont d’ores et déjà pris rendez-vous.
Dialoguer avec le gouvernement
Enfin, March and March souhaite ouvrir le dialogue avec le ministère de l’Intérieur dans le but d’organiser les expulsions massives des étrangers en situation irrégulière. Le mouvement anti-immigration fait aussi remarquer au gouvernement que des étrangers, les Nigérians surtout, occupent illégalement des habitations. Et que le moment est venu de les déloger.
Sauf que cette mobilisation ne fait pas que des heureux en Afrique du Sud. Le journaliste Nhlanhla Lux craint par exemple que les marches fréquentes finissent par handicaper l’activité économique, surtout à Durban, dans la province du KwaZulu-Natal, où March and March est très populaire. D’autres Sud-Africains craignent que les pays africains appliquent des actions réciproques.



