Les médecins du service public ont débrayé au début de cette semaine. Le gouvernement s’active pour mettre fin à cette interruption collective de travail.
Samuel Roger Kamba, le ministre congolais de la Santé publique, hygiène et prévoyance sociale, est attendu ce 9 juillet à Bunia, la capitale de la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie d’Ebola. Il est accompagné de Louis André Komba Djeko, l’inspecteur général de la santé. Les deux hommes espèrent convaincre les médecins de lever la grève qu’ils observent depuis le début de cette semaine.
Une source médicale, proche de l’Ordre national des infirmiers de la République démocratique du Congo (Onic), susurre que les médecins en grève réclament le payement immédiat de leurs arriérés de salaire. « Cette grève ne concerne pas seulement les médecins de l’Ituri. En réalité, les médecins des hôpitaux publics sur toute l’étendue du territoire ont cessé le travail lundi dernier », précise notre source.
Les médecins ont peur pour leur vie
Elle reconnait néanmoins que cette grève préoccupe davantage le gouvernement pour les conséquences qu’elle peut engendrer dans l’Ituri. Ce débrayage complique en effet la prise en charge des malades du virus d’Ebola. Et si cette interruption de travail se poursuit, la riposte implémentée par le gouvernement dans l’Ituri va certainement en pâtir, comme le pense notre source.
Il faut maintenant attendre de savoir si le ministre de la Santé va réussir à convaincre les médecins de reprendre le travail. Rien n’est gagné d’avance. Surtout que les grévistes de l’Ituri, qui sont en première ligne de la riposte contre Ebola, se plaignent aussi des mauvaises conditions de travail. Ils ont peur pour leur vie. Plusieurs personnels soignants sont déjà morts en s’occupant des malades dans les hôpitaux de Bunia, de Mungwalu ou encore de Rwampara.
La situation à Rwampara, petite ville à douze kilomètres de Bunia, est bien plus préoccupante. Notre source fait savoir que les médecins en grève à Rwampara réclament en plus des primes liées à leur participation à la riposte en cours. Des confidences concordantes assurent que l’hôpital de Rwampara est complètement à l’arrêt.



