Moussa Firissou est le nouveau secrétaire général du Comité central du FSNC. Depuis qu’il occupe ce poste, ce militant de la première heure est devenu le gardien du temple en l’absence de Issa Tchiroma Bakary, toujours en exil.
Sa voix chaleureuse. On la confondrait presque avec celle d’un éducateur. Mais non, car c’est bien Moussa Firissou Moussa que nous avons à l’autre bout du fil. C’est à cet homme que l’opposant Issa Tchiroma Bakary, arrivé deuxième de la présidentielle d’octobre dernier, a confié les rênes de son parti, le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), après avoir pris le chemin de l’exil.
Pourtant, quand on le présente comme le nouveau patron en l’absence du président du FSNC, qui s’est installé à Banjul en Gambie, Moussa Firissou tient toujours à préciser : « C’est M. Issa Tchiroma le chef ». Il tient à rester à sa place. Et celle qu’il occupe en ce moment, c’est celle du gardien du temple, en attendant le retour de son leader.
Moussa Firissou connaît bien le FSNC
Rien ne laissait présager que ce militant de la première soit catapulté à une telle position. Il est encore inconnu de la presse et du grand public quand Issa Tchiroma Bakary décide de lui confier les clés du temple. En décembre 2025, Moussa Firissou est désigné secrétaire général par intérim du Comité central par le fondateur du FSNC. L’intéressé, que beaucoup de proches appellent affectueusement « M. le maire », connaît bien ce parti, qui a longtemps été membre de la coalition gouvernementale avant de retourner dans l’opposition avant la dernière élection présidentielle.
Moussa Firissou a débuté comme militant à la base. Il va ensuite se faire élire à la tête de la section du parti dans le troisième arrondissement de Garoua, dans la région du Nord. Un exploit sans doute, car la compétition au sein du FSNC est rude dans cette ville de Garoua, considérée comme le principal bastion électoral du parti de Issa Tchiroma Bakary.
De président de section, Moussa Firissou grimpe sur l’échelle du parti en intégrant tour à tour le Comité central et le Bureau politique. « Je ne vient pas de nulle part. Je suis parti de la base pour le sommet », revendique ce militant.
Quel poids pèse le FSNC ?
Il a un nouveau challenge : garder la flamme militante allumée en l’absence de Issa Tchiroma Bakary. Il enjoint les organes de base de garder la proximité avec les militants. Et surtout d’animer les groupes de discussion sur la plateforme WhatsApp. Un travail qu’il coordonne lui-même. Pour quel résultat ?
« L’avenir politique du Cameroun ne pourra pas se faire sans le FSNC. Il reste incontournable », fait remarquer Aboubakar Ousmanou, le secrétaire national à la jeunesse et chargé de communication du parti. Il ajoute que les évènements qui ont suivi les résultats de la présidentielle d’octobre dernier ont davantage contribué à gonfler les rangs du parti. On se rappelle qu’à la suite de ce scrutin, des jeunes étaient descendus dans la rue pour réclamer la victoire de Issa Tchiroma Bakary.
Moussa Firissou et ses camarades n’ont pas encore tourné la page sur cet épisode. « On attend la vérité des urnes. Nous exigeons que le choix des Camerounais soit respecté », déclare le nouveau lieutenant de Issa Tchiroma Bakary.



