Ebola en RDC : 2000 morts, Kinshasa muscle sa riposte

Ebola en RDC : 2000 morts, Kinshasa muscle sa riposte

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La riposte mise en place par le pouvoir de Kinshasa n’est pas parvenue à contenir l’épidémie d’Ebola. C’est pourquoi des aménagements ont été apportés ces dernières semaines. 

Justin Singo Nguma est ce qu’on appelle un survivant d’Ebola. Après avoir frôlé la mort, ce père de quatre enfants a repris le cours de sa vie où il l’avait laissé. Il se présente volontiers aujourd’hui comme la preuve vivante qu’on peut guérir de cette maladie, à condition de faire confiance aux autorités sanitaires. « Si vous vous sentez mal, n’attendez pas chez vous. Rendez-vous immédiatement au centre de traitement d’Ebola. Plus tôt vous recevrez des soins, meilleures seront vos chances de guérison », promet Justin Singo Nguma.

Comme ce dernier, le gouvernement congolais est convaincu que la méfiance des malades, qui arrivent très tard dans les centres de traitement, a, en partie, contribué à faire exploser le nombre des décès. Officiellement, plus de 2000 sont déjà mortes depuis le début de cette 17ᵉ épidémie d’Ebola. Le taux de létalité est estimé à 46,3 %. Assez pour pousser Kinshasa à muscler la riposte.

Le pouvoir de Kinshasa veut en finir avec le déni communautaire 

Cette semaine, Samuel-Roger Kamba, le ministre de la Santé publique, hygiène et prévoyance sociale a fait savoir que, plus que par le passé, les communautés seront mobilisées dans la riposte. Il est envisagé d’intégrer les leaders communautaires aux côtés des soignants. Le ministre a aussi assuré que les soins sont gratuits. Le gouvernement espère que cette gratuité va encourager les malades à se signaler dès les premiers symptômes, comme l’a fait Justin Singo Nguma.

Il n’y a pas que le déni communautaire qui a posé problème. Plusieurs experts, à l’instar du virologue Jean-Jacques Muyembe, codécouvreur du virus Ebola, estiment que la riposte est « lente et inefficace ». À écouter Samuel-Roger Kamba, des améliorations ont été apportées. Contrairement à ce qui se faisait avant, les résultats des diagnostics sont désormais disponibles en 24 heures. Plus de 14 laboratoires permettent de tenir ce pari. 

La troisième grande difficulté de la riposte est l’accès aux malades, qui se trouvent souvent dans les zones de conflit. Kinshasa travaille ardemment à mettre en place une stratégie efficace. Un début de solution pointe. Le discours des autorités congolaises est maintenant celui de centraliser les moyens financiers, logistiques et opérationnelles, avec pour slogan « un plan, une équipe, un budget ». Le M23, le groupe armé qui contrôle une bonne partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ne devrait donc plus appliquer sa propre riposte. Reste à savoir si le M23 a l’intension de rejoindre la logique du pouvoir central de tout centraliser.

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Patrick Ayin

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