Après la marche réprimée de juin dernier, les leaders de la C64 appellent à nouveau les Congolais dans la rue dans le but de stopper le projet de révision de la Loi fondamentale.
Chemise blanche, coiffé de son éternelle casquette gavroche, Jean Marc Kabund à Kabund essaye de se faire entendre devant une foule surchauffée. L’opposant, qui a pris la parole, ce samedi 15 août, à l’issue de la réunion stratégique de la Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), qui s’est tenue à Kinshasa, parvient toutefois à annoncer la reprise de la mobilisation contre le projet de révision constitutionnelle soutenu par le parti du président Félix Tshisekedi. Le 15 septembre prochain, la C64 appelle les Congolais à battre le pavé sur toute l’étendue du territoire national.
La C64 veut marcher vers le palais du Peuple
En plus de Jean Marc Kabund à Kabund, le communiqué final de cette réunion a été paraphé par les principaux leaders de la C64. Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Augustin Matata, et Delly Sesanga ont tous appelé leurs militants à participer à cette marche. À Kinshasa, ils projettent de se diriger vers le palais du Peuple, le siège du Parlement.
Le 12 juin dernier, les leaders de la C64 n’étaient pas parvenus à manifester devant l’enceinte du palais du Peuple, comme ils le voulaient. Leur marche avait été dispersée par les forces de l’ordre. Daniel Bumba Lubaki, le gouverneur de la ville de Kinshasa, avait réagi après coup pour expliquer que cette marche n’avait pas été interdite. Elle avait juste été redirigée vers le terrain Assossa, situé dans la commune de Kasa-Vubu. Un site moins symbolique que le palais du Peuple, loin de faire les affaires de Jean Marc Kabund à Kabund et de ses camarades.
Après cette première tentative, la C64 avait levé le pied sur la pédale à l’appel de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et du Comité exécutif national de l’Église du Christ au Congo (ECC). Malgré la médiation de ces deux institutions religieuses, les leaders de la C64 estiment que le projet de révision de la Constitution doit être abandonné sans plus. Ce qui n’est pas le cas. Le camp du président souhaite que le peuple décide à la suite d’un référendum.
Faire partir Félix Tshisekedi
Même de ce référendum, Jean Marc Kabund à Kabund et ses camarades n’en veulent pas. Ils ont maintenant pour slogan « 2028 : Alinga, alinga te, akokende » (phrase en lingala qui signifie « Qu’il le veuille ou non, il partira », en parlant de Félix Tshisekedi). La preuve que la coalition durcit le ton. Mais reste à savoir si ça va suffire à faire plier Félix Tshisekedi.
L’actuel président est accusé de vouloir modifier la Constitution pour faire sauter le verrou de la limitation des mandats pour se maintenir au pouvoir. Alors qu’il achève son deuxième mandat en 2028, Félix Tshisekedi ne dit pas non à un troisième mandat. « Je n’ai pas sollicité le troisième mandat, mais je vous le dis, si le peuple veut que j’aie un troisième mandat, j’accepterai », avait fait savoir le président en mai dernier.



