Ebola en RDC : une riposte en progrès, mais encore loin des objectifs

Ebola en RDC : une riposte en progrès, mais encore loin des objectifs

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Le gouvernement congolais a amélioré certains indicateurs de la riposte. Malgré tout, l’épidémie d’Ebola continue de tuer, signe que beaucoup reste à faire.  

L’épidémie d’Ebola continue de progresser en République démocratique du Congo (RDC), malgré les efforts déployés par les autorités pour renforcer la riposte. Selon le dernier bulletin du ministère de la Santé, publié le 14 août par l’Institut national de santé publique (INSP), le pays compte désormais 4727 cas confirmés et 2214 décès, soit un taux de létalité de 46,8 %.

Les indicateurs de la riposte montrent toutefois une amélioration. L’ONG Médecins sans frontières (MSF) a récemment révélé que le suivi des contacts atteint à présent 82,6 %, contre 59 % dans certaines zones de la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie. Un pourcentage qui n’est plus éloigné de celui de 85 % fixé par le gouvernement congolais. Surtout que d’autres indicateurs de la riposte augmentent aussi. C’est le cas des alertes communautaires vérifiées qui atteignent déjà 97,1 %, très proche des 100 % souhaités. Les autorités ont également renforcé les capacités de dépistage avec 14 laboratoires et misé davantage sur l’implication des acteurs locaux.

Six provinces touchées par l’épidémie

Malgré tout, l’épidémie continue de s’étendre, avec notamment l’apparition d’une nouvelle zone de santé touchée dans la province de la Tshopo. Et pour ne rien arranger, le Bas-Uélé devient officiellement la sixième province touchée par l’épidémie avec un décès enregistré. La RDC est donc confrontée à un double défi : améliorer sa riposte tout en freinant la progression du virus.

Les organisations humanitaires restent particulièrement préoccupées. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que l’épidémie demeure hors norme et dénonce une réponse encore insuffisante face à l’ampleur de la crise. « Dans une urgence, chaque besoin doit trouver une réponse rapidement pour que les équipes puissent continuer leur travail sur le terrain », a fait savoir Charlotte Nduwimana, responsable de la gestion et de l’administration de la riposte à Ebola en RDC pour l’OMS.

Renforcer la coopération communautaire

Autre faiblesse majeure : la coopération avec les communautés. MSF alerte depuis plusieurs mois sur la peur et la méfiance des populations, estimant qu’une riposte efficace doit être construite avec les acteurs locaux et tenir davantage compte de leurs préoccupations. C’est aussi l’une des principales préoccupations du gouvernement congolais. L’INSP pense aussi que les autorités sanitaires doivent renforcer au plus vite la coopération communautaire. Samuel-Roger Kamba, le ministre de la Santé publique, de l’hygiène et de la prévention, en a aussi fait son cheval de bataille. Il préconise que les leaders communautaires soient désormais intégrés parmi les équipes de la riposte. Un choix qui produit des résultats à en croire l’Ordre national des infirmiers du Congo (Onic).

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Patrick Ayin

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