Sénégal : au Pastef, les premières voix discordantes au Parlement

Sénégal : au Pastef, les premières voix discordantes au Parlement

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Deux députés du Pastef ont pris publiquement des positions tranchées sur la modification de l’article 37 de la Constitution, sans pour autant inquiéter la majorité parlementaire.

Le député Djiby Ciss (photo) a-t-il brisé l’image d’un parti qui avance en rang serré ? C’est ce que sa prise de parole pendant l’examen de la proposition sur la modification de l’article 37 de la Constitution sur la déclaration des biens du président de la République laisse à penser. Sans porter de gants, ce 17 août à l’Assemblée nationale du Sénégal, Djiby Ciss a critiqué ses camarades du Pastef (Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité) en les accusant de s’acharner sur le président Bassirou Diomaye Faye en se servant de cette loi. 

La sortie de Djiby Ciss est un véritable tir ami dans son propre camp. Une première depuis le début, en 2024, de cette législature. Djiby Ciss ne s’est pas contenté de critiquer. Il est aussi passé à l’acte en faisant savoir qu’il allait voter contre cette loi, pourtant portée à bout de bras par Ousmane Sonko, le président de l’Assemblée nationale et président du Pastef.   

Sympathie pour le président 

Dans la presse sénégalaise, cette liberté de ton a très vite réveillé les rumeurs de guerres larvées au sein du Pastef. Surtout que la députée Félicité Mbougar Sarr, encartée elle aussi au Pastef, a, à son tour, pris la parole pour afficher sa sympathie pour Bassirou Diomaye Faye, comme Djiby Ciss, quelques minutes avant elle. Faut-il sonner la sonnette d’alarme dans les rangs du Pastef ?

Ces deux prises de parole ne suffisent toutefois pas à établir une crise au sein du Pastef. Le parti de Ousmane Sonko est en réalité sûr de son fait. Son écrasante majorité au Parlement lui donne, pour le moment, de dormir sur ses lauriers. Le parti compte 130 sièges sur 165, soit près de 79 % des députés. C’est grâce à cette majorité que l’article 37 de la Constitution a été modifié ce 17 août. Cet article obligeait le président à déclarer ses biens trois mois après son investiture. Maintenant, il devra aussi déclarer ses biens trois mois après son départ. Il en sera de même pour le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale.  

La rupture entre Faye et Sonko

C’est donc un vote qui rassure les cadres du Pastef. Par ailleurs, il y a une semaine, la députée du Pastef Maimouna Bousso est montée au créneau pour balayer d’un revers de la main les rumeurs qui laissent penser qu’il y a des divergences dans les rangs de sa famille politique. 

Depuis la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, il n’est plus rare qu’un militant de premier plan du Pastef sorte des rangs. Plusieurs figures de premier plan de ce parti, à l’instar du médecin El Hadji Mansour Diop, ont même officiellement rejoint Kiiraay, le parti fondé par Bassirou Diomaye Faye après s’être éloigné du Pastef. Il n’est pas exclu que cette bataille ouverte entre le Pastef et Kiiraay va continuer de lézarder l’unanimité autour de Ousmane Sonko. Les prochaines batailles, avant la présidentielle prévue en 2029, vont mesurer la solidité du Pastef. 

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Michel Ange Nga

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