Niger : le grand défi de Zimar pour financer la raffinerie de Dosso

Niger : le grand défi de Zimar pour financer la raffinerie de Dosso

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Niamey donne à Zimar un délai serré pour mobiliser le financement de la future raffinerie de Dosso. Le groupe, quasiment inconnu, a néanmoins toutes les chances de son côté.

Il faut rouler 40 kilomètres, sur une route asphaltée, entre Dosso et Bella, sur la Nationale no 7, pour apercevoir le site qui va accueillir la nouvelle raffinerie de pétrole que le Niger envisage de construire. Sur le papier, cette infrastructure aura une capacité de 100 000 barils par jour. Elle abritera aussi un complexe pétrochimique. Il ne reste plus qu’à mobiliser le financement de 1,9 milliard de dollars, soit 1 077 milliards de FCFA. 

Selon l’accord qui acte ce projet, Niamey a confié le soin à Zimar, son partenaire, de mobiliser cette enveloppe dans un délai de quatre mois. Un compte à rebours serré pour une entreprise dont la surface financière reste, à ce jour, largement inconnue du public. Zimar n’a pas d’antécédents dans le secteur du pétrole. Le grand public découvre cette entreprise canadienne en 2024 quand le Niger paraphe avec elle un mémorandum d’entente. 

Consortium financier

Malgré ce passé vierge, Zimar a toutes les cartes entre ses mains. Plusieurs hypothèses sont envisagées. L’une des plus probables est que l’entreprise dirigée par Benjamin Day Marc utilise la convention qu’elle a signée avec le Niger comme actif de départ pour constituer un consortium financier et industriel. Pour que cette opération marche, Zimar devra très rapidement trouver une partenaire crédible, pour combler son manque de références dans le domaine pétrolier en aval. 

Avec un tel attelage, il ne fait aucun doute que Zimar n’aura pas de difficulté à lever des fonds auprès des banques. Il reste toutefois un dernier facteur limitant et non des moindres : la question sécuritaire. Sur la carte du continent, le Niger se trouve dans une zone souvent ciblée par les groupes terroristes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM)et et de l’État islamique. 

Attaques terroristes 

La région de Dosso, qui a pour capitale la ville de Dosso, est très souvent le théâtre des affrontements entre l’armée nigérienne et les terroristes. En juillet dernier, ces terroristes ont attaqué plusieurs villages de la région en causant la mort de plusieurs civils et en entrainant de nombreux déplacés. Zimar va devoir trouver le discours juste pour rassurer les financiers. L’armée nigérienne, elle, continue de quadriller la région pour enrayer toutes les éventuelles attaques terroristes.

On rappelle que Zimar trouve les fonds attendus, elle aura trois ans pour construire l’infrastructure. Et 13 ans pour l’exploiter avant de la rétrocéder au Niger. Car le montage retenu est celui d’un partenariat public-privé de type BOT (construction, exploitation, transfert).

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