Ebola : le pari incertain de la RDC sur le vaccin Ervebo

Ebola : le pari incertain de la RDC sur le vaccin Ervebo

Commentaires
3 min read

Ervebo s’est déjà montré efficace contre la souche Zaïre du virus Ebola. Il va être utilisé pour la première fois contre la souche Bundibugyo. 

Sur le tarmac de l’aéroport de Ndjili, à Kinshasa, les flashs crépitent ce vendredi dans la pénombre du matin. Au centre de l’attention, Samuel Roger Kamba. Le ministre congolais de la Santé publique est venu lui-même accueillir les premières caisses de vaccins contre Ebola. Face à la caméra, le ministre ne cache pas son émotion. Le signe que l’espoir est de mise. 

Ces caisses de vaccin sont de la marque Ervebo fabriquée par Merck. Elle a déjà été utilisée par la République démocratique du Congo (RDC) pour lutter contre Ebola lors de précédentes épidémies. Sauf qu’Erevbo a été conçu spécialement pour lutter contre la souche Zaïre du virus Ebola. L’épidémie qui frappe actuellement la RDC, elle, est causée par une autre souche, appelée Bundibugyo. Pour cette souche, aucun vaccin n’est officiellement homologué. 

Groupe consultatif technique de l’OMS 

Au début de cette épidémie, en mai dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne priorisait pas l’utilisation de ce vaccin. Tout a changé ces dernières semaines. Une réunion de travail du Groupe consultatif technique de l’OMS sur la priorisation des vaccins candidats (TAG-CVP), tenue le 31 juillet dernier, a recommandé au gouvernement congolais de prioriser Ervebo en l’absence « persistante » d’un vaccin spécifique contre la souche Bundibugyo.

À la suite de ce rapport du TAG-CVP, la RDC a demandé la libération des vaccins Ervebo du stock mondial de vaccins. Une demande encouragée par l’OMS. L’organisation exige néanmoins que les personnes à qui on propose le vaccin reçoivent des informations sur les risques liés à l’utilisation du vaccin contre le virus Bundibugyo. « On ne sait pas si Ervebo pourrait être protecteur contre le virus Bundibugyo chez l’humain. Les premières données de laboratoire et sur les animaux suggèrent qu’il pourrait offrir une certaine protection », comme on peut lire dans un communiqué de l’OMS rendu public ce 20 août.

Impact du vaccin

Le Groupe international de coordination sur la fourniture de vaccins (ICG) a donc décidé de fournir 70 000 doses de Ervebo à la RDC. 16 520 premières doses arrivées cette semaine à Kinshasa. « Cette allocation comprend 20 000 doses pour un essai clinique de phase 3 visant à comprendre l’impact du vaccin sur le virus Bundibugyo, et 50 000 doses pour les professionnels de première ligne et de santé, conformément aux recommandations actuelles du Groupe consultatif stratégique d’experts de l’OMS sur l’immunisation (SAGE) », a précisé l’OMS.

Partager cet article

About Author

Patrick Ayin

La rédaction vous recommande