In January 2027, Atiku Abubakar will run for the seventh time. Certainly the last. And that's precisely why the opponent is already campaigning.
C’est dans sa résidence construite à Asokoro, quartier huppé de la ville d’Abuja, que Atiku Abubakar enchaine les réceptions ces dernières semaines. Il y a quelques semaines, il a vu arriver chez lui Richard Montgomery, le haut-commissaire du Royaume-Uni au Nigeria. Le même jour, une délégation de cadres de l’African Democratic Congress (ADC) s’est entretenue avec lui. Pour les soutiens de Atiku Abubakar, il ne fait aucun doute : la course pour Aso Rock, la résidence officielle du président de la République, est lancée.
En janvier 2027, les Nigérians vont élire leur prochain président. À 79 ans, Atiku Abubakar va se présenter pour la septième fois. C’est probablement sa dernière chance de briguer un mandat présidentiel. Pour mettre toutes les chances de son côté, il a suivi la direction du vent. En 2025, il quitte le Peoples Democratic Party (PDP), un parti influent de la scène politique nigériane, qui a porté Olusegun Obasanjo, Umaru Yar’Adua et Goodluck Jonathan au pouvoir. Atiku Abubakar a depuis rejoint l’ADC, un parti récent, présenté dans la presse locale comme la nouvelle grande coalition de l’opposition.
Coalition politique
L’ADC a en effet de quoi attirer les regards. En plus de Atiku Abubakar, plusieurs gouverneurs influents ont rejoint cette coalition politique. C’est le cas de Bala Mohammed, le gouverneur de l’État de Bauchi dans le nord-est du Nigeria. Il a été imité par l’homme d’affaires Ahmadu Umaru Fintiri, le gouverneur de l’État de l’Adamawa. Ce dernier a quitté le All Progressives Congress (APC), au pouvoir, pour rejoindre les rangs de l’ADC. Plusieurs élus de l’APC ont suivi le même chemin. L’ancien président Goodluck Jonathan fait aussi partie de ceux qui soutiennent Atiku Abubakar, le candidat de l’ADC.
Avant le début officiel de la campagne, Atiku Abubakar donne le la. Sa méthode consiste à cogner sur le président sortant, Bola Tinubu, candidat pour un second mandat présidentiel. L’opposant accuse le locataire d’Aso Rock d’avoir échoué à améliorer les conditions de vie des Nigérians. Alors que la présidence annonce que Bola Tinubu s’apprête à quitter Abuja pour un séjour à Londres, Atiku Abubakar s’insurge. « Le Nigeria brûle et le président a choisi un passeport plutôt qu’un extincteur d’incendie », s’amuse le candidat de l’ADC.
Subvention aux carburants
Derrière ce brin d’humour noir, Atiku Abubakar tient à affirmer que Bola Tinubu a contribué à dégrader les conditions de vie et qu’il est l’homme de la situation pour changer cette situation. « Tinubu a augmenté le coût de la vie. Je vais faire le contraire », assure l’opposant.
Pour tenir cette promesse, Atiku Abubakar promet de rétablir la subvention aux carburants, supprimée par Bola Tinubu dès son investiture en 2023. Une mesure censée baiser les prix à la pompe et par entrainement, le coût de la vie.
Il ne reste plus qu’à savoir si Atiku Abubakar a les ressorts pour faire bouger Bola Tinubu. Si on en croit l’analyste politique Jackson Lekan Ojo, cité par le quotidien économique BusinessDay, Atiku Abubakar conserve un socle réel. Mais s’il veut être sûr de gagner, Atiku Abubakar doit aller chercher plus de voix au-delà de son bastion dans le nord du pays, fortement peuplé de musulmans. Il devra aussi faire sans le soutien de son fils, Abba Atiku Abubakar, qui a publiquement rallié l’APC en janvier dernier pour soutenir la réélection de Bola Tinubu. Une défection qui fait mauvais genre.



