Togo : le nucléaire civil, nouveau cheval de bataille de Faure Gnassingbé

Togo : le nucléaire civil, nouveau cheval de bataille de Faure Gnassingbé

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Faure Gnassingbé s’est rendu à une grand’messe du nucléaire civil à Londres. Le président du Conseil du Togo nourrit l’ambition d’insérer son pays dans la liste des pays éclairés grâce à l’atome. 

Faure Gnassingbé a appris à arpenter les couloirs des grands raouts internationaux consacrés au nucléaire civil. En mai dernier, le président du Conseil togolais était à Kigali, au Rwanda, pour discuter avec certains de ses pairs du continent sur l’impérativité de mettre en place une coopération africaine renforcée dans le nucléaire civil. Cette fois, il s’est rendu à Londres cette semaine pour assister à la 51ᵉ édition du Symposium mondial du nucléaire (WNS 2026). 

Tripler les capacités nucléaires 

En quittant Lomé, Faure Gnassingbé n’a pas fait un mystère de son intérêt pour l’atome. Le service de la communication du Conseil laisse entendre que ce déplacement à Londres n’est pas un simple exercice diplomatique. Au contraire. Car il traduit la volonté du Togo de s’investir dans le nucléaire civil pour éclairer durablement les foyers togolais.

C’est une ambition qui tombe à point. La raison est qu’à Londres, les politiques et les spécialistes du secteur se mettent d’accord pour tripler les capacités nucléaires globales du monde d’ici 2050. Le Togo, membre du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), veut en profiter. Faure Gnassingbé est sans doute à Londres pour nouer des partenariats concrets.

La marche du Togo vers le nucléaire peut toutefois être longue. Il va falloir explorer les mécanismes de financement. C’est généralement le facteur limitant des pays comme le Togo, qui partent de zéro. Mais tout porte à croire que Faure Gnassingbé est lancé. D’ailleurs, Lomé va accueillir en juin 2027 la troisième édition du Sommet africain sur l’innovation en énergie nucléaire (NEISA). 

Réacteurs modulaires 

Si Faure Gnassingbé est autant intéressé par le nucléaire, c’est bien parce que le pays dépend des importations. La solution pour une souveraineté est de diversifier son mix énergétique avec le nucléaire civil. Le Togo pourrait bien acquérir à terme des petits réacteurs modulaires (en anglais Small Modular Reactor, SMR). Il s’agit de centrales nucléaires de nouvelle génération, conçues pour être beaucoup plus petites et plus flexibles qu’un réacteur nucléaire classique. Un SMR peut produire entre 10 et 300 mégawatts électriques, contre 900 à 1 600 MW pour un réacteur classique, soit environ dix fois moins. Et sa construction peut durer de 10 à 15 ans.

Le Togo n’est pas le premier pays africain à s’intéresser à l’atome. Une vingtaine de pays africains l’ont déjà devancé. L’Égypte construit en ce moment une centrale nucléaire à El-Dabaa, dans le désert Libyque à l’ouest d’Alexandrie. D’autres pays ont déjà engagé des démarches à des stades divers. C’est le cas du Ghana, du Kenya, du Rwanda ou encore du Nigeria. Le leader est sans conteste l’Afrique du Sud, avec la seule centrale nucléaire du continent en activité.

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Patrick Ayin

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