N’Djamena recense la majorité des cas confirmés de dengue. Une situation qui fait craindre le pire aux habitants de la capitale du Tchad.
La ville de N’Djamena est particulièrement frappée par l’épidémie de dengue, déclarée le 3 octobre dernier par le gouvernement du Tchad. En un mois, six malades au moins ont déjà perdu la vie. Ce chiffre représente presque la moitié des personnes décédées dans tout le pays à cause de la dengue. Assez pour susciter une vague de panique dans les quartiers de la capitale tchadienne.
Situation préoccupante
« La population vit dans l’angoisse », confie un cadre de la mairie de N’Djamena. Ce dernier reconnaît que la « la situation est préoccupante ». Si cette épidémie s’est déclarée dans le camp de réfugiés de Kounougou, à l’ouest du pays, près de la frontière avec le Soudan, elle a très vite migré à N’Djamena. La capitale du Tchad est maintenant considérée comme l’épicentre de la maladie.
En fin de semaine dernière, N’Djamena comptait 82 % des cas confirmés. En chiffre, c’est 288 cas confirmés dans la capitale sur les 353 cas enregistrés dans les six provinces du pays touchées par l’épidémie. Tout laisse penser que ce bilan va très vite grimper, car le taux de positivité des tests actuel est de 47 %, soit 353 positifs sur 750 analyses.
Face à cette situation épidémiologique inquiétante, la mairie de N’Djamena se mobilise. « Dès les premières alertes, la maire a lancé des opérations de pulvérisation dans les 10 communes d’arrondissement », indique notre source. Il ajoute que ces opérations de pulvérisation se poursuivent depuis plusieurs semaines. « Elles visent en priorité les lieux où les moustiques se reproduisent. Il s’agit des bassins de rétention, des points de stagnation des eaux, des caniveaux obstrués, des dépotoirs et des abords des marchés et des structures de santé ».
Gestes de prévention
La maire multiplie aussi des campagnes de sensibilisation des leaders religieux et des chefs de carré pour relayer les gestes de prévention : vider les récipients d’eau, utiliser les moustiquaires et les consultations précoces.
Le gouvernement n’est pas en reste. Le Premier ministre, Allah Maye Halina, vient d’annoncer une vaste campagne de salubrité consacrée à l’assainissement des quartiers, à l’élimination des eaux stagnantes et à la destruction des gîtes larvaires favorisant la prolifération des moustiques. Cette campagne ne concerne pas seulement N’Djamena, car le gouvernement parle d’une mobilisation nationale.
En rappel, la fièvre de dengue est due à un virus propagé par la piqûre de moustiques femelles. Les principaux symptômes sont la fièvre, souvent hémorragique, et des douleurs abdominales intenses.




