Au Cameroun, Paul Atanga Nji place les cultes sous haute surveillance

Au Cameroun, Paul Atanga Nji place les cultes sous haute surveillance

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Le ministre de l’Administration territoriale a décidé de mettre un terme à la tolérance administrative dont jouissaient les mouvements religieux. Une décision qui fait suite à de nombreux scandales et dérives.  

Avec le même bagout de précepteur qu’on lui connaît, Paul Atanga Nji s’insurge, devant les caméras, contre l’assassinat d’un enfant, qui a reçu onze coups de poignard. Le ministre de l’Administration territoriale a convoqué dans son cabinet les responsables de la mission évangélique Vie et paix du Cameroun pour leur demander des explications. Car, derrière cette histoire sordide, se cache un pasteur de cette congrégation chrétienne pentecôtiste. 

« Les Églises existent pour sauver les vies et non pour ôter les vies », a lancé le ministre à ses invités. « Vous êtes comptables des actes posés sur le terrain par vos pasteurs », a poursuivi Paul Atanga Nji. 

Fin de la tolérance administrative 

Bien qu’il soit sentencieux, aucun verdict n’a encore été prononcé dans cette affaire qui défraie la chronique au Cameroun. Paul Atanga Nji ne doute pas que la justice va se prononcer. Mais, pour lui, il est désormais urgent d’encadrer le secteur des cultes pour éviter de tels drames. Un travail qu’il a, en réalité, débuté il y a un peu plus d’un an en ouvrant la traque aux assemblées chrétiennes de réveil en situation irrégulière. À ce jour, plus de 1400 assemblées ont déjà été fermées, si l’on en croit Paul Atanga Nji lui-même. Il déclare que « ces Églises étaient gérées par des brigands, des bandits ».

Après le drame qui a coûté la vie à un enfant, le ministre de l’Administration territoriale ne veut plus seulement fermer des assemblées en situation irrégulière. Il promet à présent d’exercer sa tutelle en annonçant la fin de la tolérance administrative dans ce domaine.

Formation des pasteurs 

Première décision : toutes les congrégations pentecôtistes devront lui envoyer un rapport d’activité annuel. Un document qui va permettre aux équipes du ministère de l’Administration territoriale de maintenir une surveillance efficace sur ces congrégations. Paul Atanga Nji a aussi lancé un projet de cartographie, qui passe par un recensement de toutes les congrégations en activité sur le territoire national.

Il a aussi promis de mettre fin à la sous-traitance. Une pratique des congrégations régulières, qui louent leur décret d’exercer à d’autres assemblées. Et pour terminer, Paul Atanga Nji enjoint aux leaders des congrégations d’insister sur la formation de leurs pasteurs. 

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Patrick Ayin

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