En l’espace de quelques mois, des drames sur des sites d’orpaillage informels dans la préfecture de Nana-Mambéré ont causé plusieurs décès.
À Nana-Mambéré, une préfecture de la Centrafrique, proche du Cameroun voisin, l’orpaillage artisanal fait vivre de nombreuses familles. Mais cette activité est aussi considérée comme l’une des plus dangereuses. Seulement pour cette année, les mines d’orpaillage informel ont déjà tué par deux fois.
Le dernier accident en date s’est produit ce 18 août à Zamboï, un village à cheval entre la Centrafrique et le Cameroun. De sources officielles, un éboulement de terrain a enseveli plusieurs orpailleurs. Le bilan provisoire est de 107 morts. Un chiffre qui pourrait bien évoluer dans les prochains jours. Selon plusieurs témoignages, de nombreuses personnes ont été enterrées sous cette mine artisanale dénommée Moscou par les orpailleurs. Les recherches se poursuivent.
Le drame de Bé-Mbari
Voilà plusieurs années que ce site de Zamboï était présenté comme l’un des plus dangereux du pays. Le Groupe de travail de la société civile (GTSC) du pays a même mené une étude sur cette dangerosité. Visiblement, cette étude n’a pas suffi à alerter les autorités centrafricaines. C’est du moins ce qui transpire de la récente sortie de Paul Crescent Beninga, le secrétaire général du GTSC. Il dénonce aujourd’hui l’inaction des pouvoirs publics centrafricains à Zamboï.
Dans l’opinion, personne n’a oublié que deux mois avant Zamboï, un effondrement dans une mine artisanale à Bé-Mbari, un autre village dans la préfecture de Nana-Mambéré, toujours proche de la frontière du Cameroun, a fait 62 morts, selon un bilan établi par les autorités locales.
Côté camerounais, le ministère des Mines, de l’industrialisation et du développement technologique, fait savoir que le gouvernement est particulièrement préoccupé par ces drames. Surtout que celui de Zamboï a causé la mort de plusieurs orpailleurs camerounais, allés chercher fortune en Centrafrique. On apprend qu’une task force ministérielle a été mise en place pour restructurer l’artisanat minier. Des mesures sont envisagées.



