Centrafrique : pourquoi la montre tourne pour Faustin-Archange Touadéra 

Centrafrique : pourquoi la montre tourne pour Faustin-Archange Touadéra 

Commentaires
3 min read

Le président centrafricain, réélu cette année, a promis de lancer des chantiers de développement. Une promesse à laquelle certains ne croient plus.

Fidèle ne se rappelle plus de la dernière fois qu’il a vu l’eau couler du robinet. « C’est compliqué d’avoir de l’eau potable à Bangui, surtout en saison sèche », regrette cet étudiant, qui vit encore chez ses parents au quartier Borne 10. Las d’attendre le retour de l’eau, Fidèle en est venu à penser que la principale préoccupation des autorités centrafricaines devrait être l’accès pour tous les Banguissois à une eau saine et de qualité. 

Au sommet de l’État, on n’a pas attendu Fidèle pour adresser ce problème. Réélu en janvier dernier, pour un troisième mandat, Faustin-Archange Touadéra a fait campagne en promettant plus de social. Une promesse qui passe par le financement de nombreuses infrastructures prioritaires dans le pays. Il a réaffirmé cette promesse de campagne le 30 mars dernier à Bangui, le jour de son investiture. « L’école, la santé, l’accès à l’eau potable, la sécurité alimentaire, la protection des plus vulnérables resteront au cœur de notre responsabilité collective ».

Faustin-Archange Touadéra promet le développement

Dans sa famille politique, les Mouvements Cœurs unis (MCU), ils sont nombreux à expliquer que les planètes sont désormais alignées pour parler de développement. Pour ceux qui le pensent, Faustin-Archange Touadéra a consacré ses deux premiers mandats à instaurer la paix et la sécurité après avoir hérité en 2016 d’un pays exsangue après des années de guerre. 

Faustin-Archange Touadéra accède donc au pouvoir « dans un contexte de sécurité exécrable », se rappelle Alvaro Yann Lee Mapouka, le porte-parole du MCU dans la diaspora, zone Afrique. Dix après, il pense qu’il y a de quoi se réjouir du chemin parcouru : « la stabilité en Centrafrique est à présent consolidée grâce au président Touadéra ». Il poursuit : « maintenant, les Centrafricains ont les yeux tournés vers le développement de leur pays. Le besoin en infrastructures est réel et nous croyons que ce sera fait ».  

L’état de grâce du président Touadéra ne durera pas éternellement 

Sauf que cet optimisme n’est pas partagé par tous les acteurs politiques centrafricains. A en croire un cadre du parti Unité républicaine (Unir) de l’opposant Henri-Marie Dondra, il est impossible de faire du neuf avec du vieux. « Le dernier gouvernement prouve que Touadéra n’est pas prêt à opérer la rupture. Dans ce gouvernement, il a reconduit les mêmes personnes. Un statu quo qui laisse penser qu’il n’y a rien à attendre de lui », fais savoir notre source. 

Comme lui, plusieurs Centrafricains sont pressés d’accéder à un mieux-être. C’est certain que la montre tourne pour le président Touadéra. Qui sait, mieux que quiconque, que l’état de grâce dont il jouit depuis sa réélection, ne va pas durer éternellement. 

Partager cet article

About Author

Michel Ange Nga

La rédaction vous recommande