Ebola en RDC : psychose à Isiro, dans la province du Haut-Uélé

Ebola en RDC : psychose à Isiro, dans la province du Haut-Uélé

Commentaires
3 min read

L’épidémie d’Ebola s’est exportée dans la province du Haut-Uélé. A Isiro, la capitale provinciale, les populations vivent la peur au ventre. 

Le plateau de Vérité TV est gaiement décoré, mais le sujet en débat, ce 14 juillet, l’est moins bien. C’est la première fois que cette chaîne de télé, installé à Isiro, la capitale de la province du Haut-Uélé au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), organise une édition spéciale sur l’épidémie d’Ebola. Les invités ne se sont pas privés de faire le décompte des cas avérés et des décès… 

Le Haut-Uélé dans le périmètre de la maladie

Chiffres officiels ou pas, ce décompte macabre, lui, a suffi à créer la psychose dans les chaumières à Isiro. Surtout que plusieurs lanceurs d’alerte sur la plateforme sociale Facebook ont, à leur tour, proposé des bilans tout aussi effrayants. Didier Likele Masoliko, un leader associatif bien connu à Isiro, n’avance aucun chiffre. Il martèle toutefois que l’épidémie fait « des ravages ». Contacté, il confie que les populations de la capitale du Haut-Uélé vivent désormais « la peur au ventre »

Les autorités sanitaires de la RDC ont officiellement admis que l’épidémie, circonscrite au début dans la seule province de l’Ituri, s’est étendue. Les provinces de la Tshopo, du Bas-Uélé et maintenant du Haut-Uélé sont maintenant comptées dans le périmètre de cette maladie. Jean Bakomito Gambu, le gouverneur du Haut-Uélé, a rapidement pris le taureau par les cornes en demandant aux populations de respecter les règles d’hygiène édictées par le ministère de la Santé publique dans le but de couper la chaîne de transmission de la maladie. 

Une dizaine de personnes décédées dans le Haut-Uélé

Jean Bakomito Gambu mobilise aussi les leaders communautaires, religieux et associatifs. Il espère que ces derniers vont amplifier les recommandations de ministère de la Santé. Des sources proches du gouvernorat assurent aussi que des équipes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Croix-Rouge s’apprêtent à descendre sur le terrain pour aider le gouvernement à organiser la riposte. 

Mais à en croire Didier Likele Masoliko, c’est le territoire de Wamba, à trois heures de route d’Isiro, qui est le plus à plaindre. Le dernier décompte officiel indiquait que sept cas diagnostiqués et aucun n’a survécu. Au total, une dizaine de personnes sont déjà mortes dans le Haut-Uélé à cause d’Ebola.

Partager cet article

About Author

Patrick Ayin

La rédaction vous recommande