Plusieurs anciens malades sont devenus des acteurs de la stratégie de riposte. Ils racontent leur guérison pour briser la peur dans les communautés, souvent sceptiques.
Sarah Nganzu Furaha connaît chaque couloir du Centre de traitement Ebola (CTE) de Rwampara, dans la banlieue de Bunia, la capitale de la province de l’Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Elle a commencé par garder les enfants des femmes malades d’Ebola dans ce centre de santé, elle a ensuite été malade à son tour. Cette fois, en qualité de survivante de cette épidémie, Sarah Nganzu Furaha arpente les couloirs de ce CTE pour lutter contre les idées reçues selon lesquelles Ebola est une « invention ».
Les survivants de la maladie
Sarah Nganzu Furaha espère pouvoir convaincre les populations de Bunia, qui redoutent autant le virus que les équipes venues la soigner, en racontant son histoire. Elle n’est pas la seule sur ce terrain. Plusieurs survivants de la maladie ont choisi de se mettre au service de la riposte nationale, encouragés par les autorités sanitaires du pays. En plus de raconter leur guérison, ces survivants accompagnent les nouveaux patients pour lutter contre la stigmatisation qui pousse encore trop de familles à cacher les malades plutôt qu’à les faire soigner.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et tous les autres partenaires de la RDC ne manquent pas de donner du volume à ces témoignages. Les experts de l’OMS sont convaincus qu’ils contribuent à désamorcer la peur dans les communautés. « Intensifier les interventions visant à renforcer la confiance et la mobilisation communautaire en s’appuyant sur des canaux de communication fiables et sur les acteurs locaux, notamment les dirigeantes et dirigeants locaux et religieux, les tradipraticiennes et tradipraticiens et les personnes survivantes », a indiqué l’OMS dans un communiqué officiel.
Sensibiliser les familles
L’Institut national de la santé publique (INSP) de RDC, qui coordonne la riposte sur l’ensemble du territoire, a d’ores et déjà fait savoir qu’il n’est pas possible de vaincre cette épidémie sans convaincre les communautés. Plus de 870 volontaires communautaires ont été formés avec le soutien de l’OMS pour sensibiliser les familles. De même, les survivants reçoivent une formation sur la prévention, la reconnaissance des symptômes et les messages clés à transmettre.
Cette épidémie, causée par la souche Bundibugyo, a désormais franchi la barre des 6 000 cas confirmés et près de 3 000 décès dans six provinces de la RDC. Elle a été déclarée le 15 mai dernier dans la province de l’Ituri, qui concentre l’essentiel des cas.



