Le président a pris tout le monde de court en clamant son panafricanisme lors d’un récent séjour en Afrique. Difficile de ne pas considérer que cette déclaration cache des motivations suspectes.
Au sommet Africa Forward de Nairobi, au Kenya, le président français Emmanuel Macron a été prolixe sur ses bonnes intentions sur l’Afrique. Entre autres, il a déclaré : « nous sommes panafricanistes » en évoquant la nécessité de repenser les relations entre l’Europe et le continent africain. Le discours du président Macron ne laisse-t-il pas planer le flou de l’opportunisme politique ?
On a connu les panafricanistes 2.0 avec pour tête de proue Kemi Seba. Maintenant, le président Emmanuel Macron vient d’ouvrir la brèche pour une autre forme de panafricanisme, celui de l’opportunité. A quoi cela renvoi-t-il ?
Avec Emmanuel Macron, il y a ni gauche, ni droite
Pour arriver au pouvoir en France, le leader de La République en marche (LREM) s’est attelé à décloisonner les idéologies en incarnant volontairement une forme de ni gauche, ni droite. Un choix payant qui a transporté Emmanuel Macron jusqu’au palais de l’Elysée. Qui peut douter qu’il transpire de cette victoire la fin du diktat des vieilles recettes idéologiques et politiques en Occident. Elles ne fonctionnent plus. Emmanuel Macron est bien placé pour le savoir. Difficile de comprendre sa déclaration tapageuse de Nairobi sur son panafricanisme. N’était-il pas seulement en pleine tentative de repositionnement stratégique sur de nouveaux terrains, qui échappent à la France ?
Avec Emmanuel Macron, tout porte à croire que le panafricanisme, qui a longtemps été une idéologie de libération et d’unité pour les peuples africains, est aujourd’hui récupéré pour une légitimation cousue au fil blanc. Conscient que le continent est en plein essor, il espère juste trouver des alliés pour son projet européen.
Ces idéologies qui conduisent vers une défaite par soumission
C’est clair que les Africains ne devraient plus se méprendre sur les intentions réelles du président français. Il faut cesser d’écrire l’histoire du continent africain sous le prisme de défaites par soumission, comme cela a souvent été le cas. Les idéologies politiques, économiques, sociales, etc… nous y conduisent. Car elles sont généralement limitées par leur rigidité et leur dogmatisme, par conséquent, inappropriées comme réponses aux questions contemporaines.
Le moment est venu d’écrire l’histoire de l’Afrique à l’aune de la victoire par l’audace du rêve et la grandeur. L’idéal est ce rêve dont le caractère flexible et inspirant est approprié au contexte d’incertitude qui rime avec la réalité de ce siècle.



