Cameroun : le RDPC de Paul Biya à la recherche d’un second souffle

Cameroun : le RDPC de Paul Biya à la recherche d’un second souffle

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Hier, le RDPC était une machine électorale. Aujourd’hui, les cadres du parti de Paul Biya nourrissent des appréhensions à quelques mois des prochaines élections. C’est ce qui explique la stratégie de redynamisation en cours.   

Selon toutes vraisemblances, Jean Nkuete, le secrétaire général du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), garde la confiance de Paul Biya. La rumeur l’annonçait sur le départ après l’élection présidentielle de l’année dernière, remportée sur le fil. Il n’en est rien. Jean Nkuete vient même de sonner le tocsin, à la demande de Paul Biya, à quelques mois des prochaines élections législatives et municipales.

Pour la première fois, depuis des décennies, la nomenklatura du RDPC doute. Les cadres du parti de la flamme n’excluent plus de voir les majorités à l’Assemblée nationale et dans les mairies fondre comme neige au soleil. Pour lancer l’alarme, Jean Nkuete est obligé de jouer les équilibristes. Cet économiste de 82 ans admet que le RDPC est « un grand parti ». Mais, il s’empresse de reconnaître que cette famille politique ne peut pas s’offrir le luxe de dormir sur ses lauriers en attendant les prochaines échéances électorales.

La fin de l’état de grâce du RDPC

« Nous devons prendre conscience que l’état général de l’environnement ne plaide pas toujours en notre faveur à la veille des élections municipales et législatives », faisait déjà savoir Jean Nkuete, le 22 juillet dernier, au moment de lancer les travaux d’un séminaire stratégique convoqué pour préparer les échéances électorales à venir. 

C’est sans aucun doute la dernière élection présidentielle qui a mis fin à l’état de grâce. Paul Biya a gagné d’une courte tête, contrairement aux précédents scrutins. Pour ne rien arranger, des scandales à répétition ne cessent de nourrir une fronde populaire. En quelques mois seulement, il y a eu l’affaire des faux décrets censés nommer un vice-président sans l’aval du président, les soupçons de trafic d’or et maintenant les révélations d’un ancien responsable du renseignement militaire exilé en France. 

Au Comité central, ils sont nombreux à penser que ces frasques participent à réduire les chances du RDPC pour les prochaines élections. Une opinion que défend aussi un habitué des couloirs du parti au pouvoir. « Le parti paie les frais d’un exécutif qui n’arrive plus à répondre aux besoins des populations et qui, pour ne rien arranger, est encastré dans les luttes de succession », explique cette source anonyme. 

La stratégie élaborée par Jean Nkuete

Fort de la confiance que lui renouvelle Paul Biya, Jean Nkuete est bien décidé à prendre le taureau par les cornes pour redynamiser le parti. Selon des confidences concordantes, il souhaite que le RDPC retrouve son lustre d’antan. Et à bien regarder de près, Jean Nkuete ne dément pas ces confidences. 

Ces dernières semaines, il enjoint ses collaborateurs de travailler à ramener le calme et la sérénité dans les rangs du parti. Car les batailles au sein de l’exécutif, évoquées par notre source, n’épargnent pas le RDPC. « Nous ne pouvons pas aborder les élections législatives et municipales avec assurance et quiétude si l’apaisement n’est pas renforcé dans nos rangs », avait fait savoir Jean Nkuete en ouverture du séminaire. 

Ce n’est pas tout. Il croit aussi que le moment est venu de rassurer la base, de mobiliser les ressources financières, de rechercher les bons candidats, de maîtriser le fichier électoral, d’améliorer la communication locale et le suivi des concurrents… 

Il faut maintenant attendre de savoir si cette médicamentation va redonner un second souffle au parti au pouvoir. Il faut attendre les résultats des législatives et des municipales à venir pour le savoir. La montre tourne.  

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Michel Ange Nga

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