Central African Republic: Russia plays the soft power card like other powers

Central African Republic: Russia plays the soft power card like other powers

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Une émission radio consacrée à l’histoire russo-africaine, des cours de langue, des concerts… Moscou construit patiemment son propre récit.

Un diplomate russe en poste à Bangui, qui se rend dans le studio de la radio Lengo Songo pour enregistrer une émission sur Alexandre Pouchkine. L’information est passée sous les radars. Et pourtant, le cabinet en conseil politique Orin Consulting Group est convaincu qu’il s’agit d’un pas important de la Russie vers l’écriture de son nouveau récit en Afrique. 

L’ambassade de Russie en République centrafricaine (RCA) admet qu’il ne s’agit pas seulement d’une émission de quelques heures sur Alexandre Pouchkine, le père de la littérature russe. Mais plutôt d’un programme radio permanent intitulé « La Russie en Afrique » sur les ondes de Lengo Songo. Les diplomates russes à Bangui expliquent que ce programme va permettre de raconter les récits passionnants sur « les liens de longue date entre la Russie et les pays africains ».  

La logique du soft power

« Moscou veut renforcer l’image positive de la Russie en Afrique, à contrario de l’image des puissances occidentales généralement présentées comme des colonisateurs », décrypte Leonel Loumou, l’associé gérant d’Orin Consulting Group.

Ce dernier assure que la RCA va servir de laboratoire pour ce projet. Dans une moindre mesure, les trois pays de la Confédération des États du Sahel (Burkina Faso, Mali et Niger). La Russie s’active donc à expérimenter sa logique de soft power sur le continent avec l’aide de Lengo Songo. Que l’ambassade de Russie à Bangui présente volontiers comme une « radio amie »

Les chancelleries occidentales ne disent pas le contraire. En France, en 2021, une enquête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) décrivait Lengo Songo comme un sous-traitant de la stratégie d’influence russe en Centrafrique. Mais cette stratégie n’est pas que médiatique. Car la Russie a installé un véritable écosystème culturel porté par la Maison russe, qui fonctionne comme un centre éducatif et culturel. 

Le discours antirusse 

La Maison russe organise l’enseignement des cours de russe aux jeunes Centrafricains, des concours de traduction et de photographie, des ateliers de danse, un championnat de slam cette année et même une journée du folklore russe. « L’influence est d’abord culturelle », soutient Leonel Loumou.

Ce spécialiste en conseil politique est aussi convaincu que la Russie est pressée d’imposer son récit à lui parce que le discours antirusse dans la presse occidentale n’arrête pas d’enfler. Ce discours laisse entendre que la Russie est responsable de nombreuses exactions, de viols, de pillages et de son incapacité à combattre le terrorisme dans le Sahel, comme l’explique Leonel Loumou. 

En décembre 2022, le ministère russe des Affaires étrangères qualifiait d’« inadmissible » toute accusation de propagande visée contre Moscou en Centrafrique, tout en exhortant la France à abandonner une « approche néocoloniale ».

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Aurelien Owona

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