A chaque fois qu’elle entend parler de l’épidémie de mpox (la variole du singe), qui sévit dans plusieurs provinces de Madagascar, Sofia ne peut s’empêcher de pouffer de rire.
Dans notre pays, il y a déjà paludisme, la rage, les problèmes intestinaux, la poliomyélite, le botulisme et des crèves la faim en pagaille. Pourquoi s’inquiéter d’une poussée de boutons sur la peau ?
s’interroge cette habitante d’Antananarivo, la capitale de la grande île.
Nouveaux cas
Comme elle, de nombreux Malgache ne partagent pas l’inquiétude des nouvelles autorités, arrivées au pouvoir depuis le coup d’Etat mené par le colonel Michaël Randrianirina en octobre dernier. Les chiffres révélés par les autorités sanitaires nationales montrent bien que la situation n’est pas encore complètement sous contrôle. Au début de ce mois de février, Mamy Randria, le responsable de la gestion des crises au Centre d’opération d’urgence de santé publique (Cousp), annonce cinq nouveaux enregistrés.Le gouvernement malgache est bien conscient que la majorité de la population continue de moquer ces chiffres. Dans les rues de la capitale, il est loisible d’entendre les Antananariviens se réjouir :
si cette maladie n’a pas encore causé de décès c’est parce qu’elle est inoffensive
Le récents chiffres indiquent bien que le nombre de cas cumulés est de 250 personnes pour aucun décès.
Stopper la progression de l’épidémie
Le ministère de la Santé publique de Madagascar ne cache pas sa volonté de tordre le cou à cette insouciance dans l’opinion. Les responsables de ce ministère ont choisi de mettre les journalistes locaux à contribution. Le 22 janvier dernier, lors d’une réunion d’information et de sensibilisation, Rina Ravoniandro, la directrice de la communication du ministère de la Santé publique, a fait savoir que :
les journalistes sont des partenaires et des alliés précieux du ministère pour inciter la population à prendre toutes les précautions nécessaires et à ne pas propager la maladie
comme on peut le lire dans le rapport final de cette réunion.
En attendant, le flou demeure au sein de la population entre ceux qui annonce une campagne de vaccination et ceux qui craignent un confinement forcé censé stopper la progression de cette épidémie. Officiellement, il n’en est rien pour le moment. Les autorités sanitaires misent davantage sur l’identification rapide de nouveaux cas et sur l’implication de tous les Malgaches. Le slogan en vigueur est pour cela « Travailler ensemble pour le changement, guérir la nation ».



