Le retour des footballeurs européens d’origine africaine sur le continent est devenu un véritable phénomène. Certains pays en ont même fait une politique nationale.
Absent de la prochaine Coupe du monde, le Cameroun prépare son retour parmi les grands d’Afrique. « Depuis l’arrivée de Samuel Eto’o à la fédération, le recours aux binationaux est devenu la matrice du renouveau des Lions indomptables », explique une source proche de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot).
La fédération n’a donc pas hésité à encourager plusieurs binationaux à rejoindre les Lions. Olivier Kemen, ancien capitaine des Bleuets en France, est l’un des premiers à avoir répondu à cet appel. Et celui qui représente le mieux cette politique est sans aucun doute Bryan Mbeumo, l’attaquant du club anglais Manchester United, qui a aussi joué pour les sélections nationales jeunes en France.
Les binationaux sont bien formés
« Les binationaux, c’est forcément une recette gagnante. Ces joueurs sont formés en Europe où la formation est bien plus développée qu’en Afrique. En fait, en Europe, ils ont des siècles d’avance sur nous en matière de formation », fait savoir notre source. Qui fait aussi remarquer que les binationaux sont souvent précoces et ils se frottent très vite au haut niveau. Ce qui n’est pas le cas pour un pays comme le Cameroun.
À bien regarder, le pays des Lions indomptables n’est pas le seul à lorgner ces binationaux. La République démocratique du Congo (RDC) doit bien sa qualification à la prochaine coupe du monde à ce phénomène, qui tend à se répandre sur le continent. Le défenseur Aaron Wan-Bissaka, né à Croydon, en Angleterre, a décidé de jouer avec la RDC, le pays d’origine de ses parents, parce qu’il n’est pas parvenu à se faire une place chez les Three Lions. C’est aussi le cas pour Arthur Masuaku, qui est né et a grandi à Lille en France.
Paris Saint-Germain et Juventus en Afrique
Loïc Atangana, qui dirige un centre de formation au Cameroun, fait toutefois remarquer que l’intérêt pour les binationaux varie d’un pays à l’autre. À en croire ce dernier, les pays qui ont misé sur la formation comme le Sénégal et le Maroc n’ont recours aux binationaux que pour fermer des trous et non pas comme une politique pour ravitailler leurs équipes nationales.
« Il suffit de voir à quel point ces deux nations dominent le football jeune en Afrique », argue ce patron de club. « Quand je parle de formation, je ne fais pas référence au centre que je gère avec un matériel rudimentaire », ajoute notre interlocuteur pour bien indiquer que le Sénégal et le Maroc sont passés au stade professionnel.
Le Paris Saint-Germain a par exemple construit un centre ultramoderne au Maroc pour la détection et la formation des talents. Juventus, le club italien, a aussi suivi cet exemple avec la création de Juventus Academy Maroc. Au Sénégal, Génération Foot a révolutionné le monde de la formation en créant des ponts avec le club français du FC Metz. Ce projet a permis à des joueurs comme Sadio Mané d’éclore et de briller à l’international.



