Livre : Aristide Ayolo raconte sa vie avec la myasthénie, une maladie rare

Livre : Aristide Ayolo raconte sa vie avec la myasthénie, une maladie rare

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L’auteur du livre autobiographique « Ce que j’ai demandé au soleil », qu’il signe avec pour nom d’emprunt Meyo, a choisi de partager son combat contre la myasthénie. Une maladie mal connue dans son pays le Cameroun et même en Afrique.

La vie de Aristide Ayolo bascule quand les médecins lui diagnostiquent une myasthénie. Une maladie rare auto-immune qui affecte la communication des nerfs et des muscles. Elle peut lui être fatale puisque la myasthénie a déjà tué, en silence, dans l’anonymat le plus total. Aristide Ayolo peut s’enorgueillir d’avoir échappé à la mort. Il se plaît à dire qu’il est encore là, vivant et heureux de jouir de la vie. C’est l’histoire de cette survie qu’il raconte dans son dernier livre « Ce que j’ai demandé au soleil ». Une autobiographie parue cette année aux éditions Afribook. 

L’auteur livre un texte hybride, à mi-chemin entre le journal intime, le récit initiatique et la chronique sociale. Au fil des pages, le lecteur découvre son combat contre la myasthénie dans la peau de Meyo. Une véritable expérience de lecture, qui transforme la myasthénie en matière littéraire. 

Les premiers symptômes de la myasthénie 

Aristide Ayolo évoque les premiers symptômes : vision trouble, vertiges, effondrement progressif du corps… Il restitue avec une précision presque clinique l’expérience de la dépossession de son corps. Mais ce qui frappe davantage encore, c’est le regard porté sur l’entourage : la mère qui minimise, la grand-mère qui convoque la foi, les amis qui oscillent entre inquiétude et déni, les médecins qui tâtonnent. Dans un passage particulièrement maîtrisé, le narrateur évoque cette sensation de voir son existence basculer sans fracas : « il y a des bascules qui ne font aucun bruit ». La phrase pourrait résumer tout le livre.

Pour une meilleure prise en charge de la Myasthénie 

Le style surprend par son amplitude. Tantôt nerveuse, tantôt méditative, l’écriture emprunte autant au roman d’apprentissage qu’au carnet de survie. Aristide Ayolo possède une qualité rare : il sait ralentir la narration sans l’alourdir. Les scènes familiales respirent. Les dialogues gardent quelque chose d’oral, parfois proche du conte urbain. Puis surgissent des pages presque lyriques, où la douleur physique se transforme en réflexion sur le temps, l’amour ou la vulnérabilité.

« Ce que j’ai demandé au soleil » est aussi un manifeste en faveur d’une meilleure prise en charge de la myasthénie. Car ce livre arrive dans les présentoirs dans un contexte où la question des maladies rares demeure largement absente des politiques publiques africaines comme du champ éditorial francophone. Une absence que ce livre vient fissurer avec calme, parfois avec colère, mais sans pathos inutile.

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Gabriel Nlend

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