Sa performance au stade de France le mois dernier n’était pas qu’un show artistique. Fally Ipupa a passé un cap devant des fans en délire.
En mai dernier, dans un stade de France plein comme un œuf, l’artiste Fally Ipupa, originaire du Congo-Kinshasa, a offert une prestation scénique digne des plus grands. Une occasion que l’industrie du showbiz occidental n’offre qu’à ceux des artistes consacrés par ses soins.
Au-delà de cette célébration de la musique africaine, l’enjeu, c’est le couronnement de l’artiste comme nouveau « roi », représentant africain du bloc francophone du showbiz international. Place qu’occupait jusque-là Maître Gims, un autre Congolais par ses origines actuellement en délicatesse avec la loi pour blanchiment présumé d’argent.
Jeu de chaise musicale
Maître Gims, de son vrai nom Ghandi Alimasi Djuna, est considéré comme l’un des artistes les plus influents de la scène musicale française. Ce chanteur et rappeur congolais né le 6 mai 1986 a commencé sa carrière musicale en 2002 avec le groupe Section d’assaut aux côtés de rappeurs comme JR O Crom et Makan. Après la sortie de plusieurs albums dont « L’Écrasement de tête » et « L’École des points vitaux », Gims va lancer sa carrière solo avec un album à succès immédiat, « Subliminal ». Son style musical influencé par le hip-hop et la musique africaine l’a emmené à collaborer avec des artistes internationaux tels que Sia, Pitbull, Sting. Il va considérablement contribuer à populariser la musique urbaine en France et a inspiré une nouvelle génération d’artistes. Ses démêlés actuels avec la justice ont quelque peu terni son image. Une opportunité pour Fally et son équipe, qui ne se font pas prier pour récupérer un trône dont la vacance commençait à se faire ressentir.
En 2021, le positionnement de Fally Ipupa, présenté par Emmanuel Macron au palais de l’Élysée en marge du sommet France-Afrique tenu à Montpellier comme la relève et un modèle d’intégration de la jeunesse africaine en France.
Scénographie de la consécration
Pour être consacré dans le milieu du showbiz version musique, il faut généralement avoir une cote de popularité indiscutable, avoir rempli une salle de concert mythique et bien entendu avoir des milliers ou millions de vues, vendre des centaines de milliers, voire des millions d’albums, etc. plusieurs artistes l’ont fait sans recevoir la couronne. Nouveau leader du milieu musical Fally Ipupa porte la musique congolaise (rumba) et africaine dans la peau. L’artiste, dans une scénographie spectaculaire conçue pour évoquer la grandeur, sera installé, couronne sur la tête, dans un trône ailé à partir duquel il va dérouler la richesse de la culture africaine, collaborant sur plusieurs titres avec des artistes de renommée internationale. Entre autres, le doyen Youssou N’dour sur « Migrant des rêves », Théodora sur « Mayday », SDM sur « Medina », Wizkid sur « Jam », Matt Pokora sur « Juste une fois ».
Fally Ipupa reprend le témoin.
Un des moments forts de cette scénographie a été la saisie par le doyen Youssou N’dour du bras droit de Fally Ipupa qu’il va lever vers le ciel en scandant : « Africa Africa Africa, unité et fraternité ». Du point de vue de la culture de l’oralité africaine, cela peut être perçu comme un passage de témoin doublé d’un legs que le doyen laisse en héritage à celui qu’il juge digne de continuer le combat sur le plan artistique.
Le concert de Fally Ipupa au stade de France a été un succès retentissant. L’ambiance éclectique et les performances de haute qualité prouvent que la musique africaine peut être appréciée par un public mondial. Le succès commercial et artistique de Fally Ipupa le démontre.



