L’un universitaire, l’autre ancienne gloire du ballon rond. Ils sont au centre d’un duel sur les réseaux sociaux qui fait couler beaucoup d’encre et de salive. Analyse.
Depuis plusieurs semaines, deux hommes et leurs supporters s’affrontent par messages interposés sur les réseaux sociaux. Éric Mathias Owona Nguini (MEON) et Samuel Eto’o fils (SEF) se livrent dans l’arène du virtuel une guerre épique.
Le premier, politologue, est titulaire d’un doctorat en science politique obtenu à l’université de Bordeaux IV en France. Cette élite intellectuelle camerounaise et africaine a un parcours académique plus qu’impressionnant avec des diplômes en droit, en science politique et études africaines. Actuellement professeur titulaire à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’université de Yaoundé II à Soa, il occupe le poste de vice–recteur chargé de la recherche, de la coopération et des relations avec le monde des entreprises.
Le second, ancien footballeur camerounais, est une légende de ce jeu populaire. Actuellement président de l’instance faitière du football camerounais, il a été élu en décembre 2021. Sa carrière exceptionnelle et ses nombreux titres, dont trois Ligues des champions, deux Coupes d’Afrique des nations et le titre de Meilleur buteur de l’histoire de la compétition avec 18 buts en font une star du ballon rond.
Choisir entre l’intellect et le physique
Le duel qui oppose MEON, l’intellectuel de renom et académicien, à SEF, footballeur émérite, a pris une trajectoire plus qu’intéressante sur les réseaux sociaux. Alors que les deux personnalités s’affrontent verbalement, il transpire de tout ce qui en ressort une collision sophistiquée entre la capacité de l’esprit par le cerveau à manifester la pensée, la raison, l’intelligence, et celle du soma dans ses aspects physiques et matériel à travers la forme et la structure du corps à manifester les capacités motrices et les mouvements, l’apparence et l’esthétique corporelle, la santé et le bien-être physique, etc. Le premier est un scientifique qui résout les problèmes complexes en développant les théories. Le second est un athlète qui court, exécute des mouvements sous le soleil ou le froid.
Loin d’être un conflit anodin de profils psychologiques identitaires et individualisés, avec des caractères ou tempérament énergiques, dynamiques, enthousiastes, c’est un accrochage dont les querelles font la lumière sur deux perceptions du monde, deux approches de la réalité. SEF représente la force brute par la puissance physique. L’énergie brute et même la contrainte. Tandis que MEON incarne la réflexion par la pensée, l’analyse, la méditation, la contemplation et l’étude, la critique par l’analyse, l’évaluation, le jugement, le commentaire et la remarque.
Qui va gagner ?
Devrait-il avoir un vainqueur et un vaincu dans ce duel à fleurets mouchetés ? Difficile de prédire, car chacun ici a des atouts et des faiblesses. SEF est populaire, son palmarès est reconnu mais sa vulnérabilité aux critiques et aux attaques l’est aussi. MEON a la force de la raison, la puissance de l’intellect, mais également sujet aux attaques personnelles et critiques.
Au bout du compte le duel en lui-même ne saurait être plus important que les leçons qui en ressortent. Elles nous enseignent que l’intellect et le physique sont deux faces complémentaires de la nature humaine. L’équilibre et l’harmonisation : ces aspects sont nécessaires pour le plein épanouissement de tout l’homme, à savoir physique psychique et spirituel. Les oppositions, les frictions ou conflits sont naturels. Tout dépendra toujours de notre angle d’attaque pour les aborder.



