Les éditeurs se plaignent parce que ce texte a été pris sans qu’ils soient consultés par le gouvernement.
Le 2 juin dernier, plusieurs éditeurs camerounais se sont donnés rendez-vous au Musée national de Yaoundé. Un seul sujet à l’ordre du jour : organiser la riposte contre le gouvernement pour forcer ce dernier à amender certaines dispositions du décret du 25 mars 2026, qui encadre désormais le métier d’éditeur au Cameroun.
A en croire Thomas Aurélien Ndassibou, fondateur et directeur général des Éditions Thanks, cette contestation était prévisible. Il explique que le décret querellé a discrètement été signé dans le dos des éditeurs. « Nous avons découvert ce décret deux mois après sa publication au Journal officiel », regrette notre interlocuteur. Il en vient à penser que ce jeu de cache-cache ourdi par le gouvernement en dit long sur la place accordée aux acteurs du livre au Cameroun.
L’article 33 du décret en ligne de mire
Malgré ce peu de considération, il est évident que les éditeurs camerounais sont décidés à faire entendre leurs voix. En ligne de mire, l’article 33 du décret, qui accorde à l’Etat la compétence exclusive sur les manuels de l’enseignement technique, industriel, commercial et professionnel. Ainsi que sur les manuels pour déficients visuels et les ouvrages pédagogiques destinés au personnel enseignant.
Le même article prévoit que l’État peut confier cette édition à des éditeurs privés, mais uniquement sous contrat avec lui. Et dans ce cas de figure, l’entièreté des droits d’auteur revient à l’Etat. Pour les éditeurs privés actifs sur ces segments, c’est une mise à l’écart sans concertation préalable, qui les prive d’une manne considérable.
Les éditeurs attendent un accompagnement financier
Il faut maintenant savoir si cette demande d’amendement des éditeurs va prospérer auprès du gouvernement. « La question posée par les éditeurs camerounais reste entière. Comment peut-on imposer de nouvelles obligations à une filière qui attend encore les mesures de base pour simplement exister ? », s’interroge Thomas Aurélien Ndassibou.
En parlant de mesures de base, il cite : l’absence d’ISBN depuis près de deux ans, l’attente d’un accompagnement financier concret, le manque de dialogue avec les professionnels du livre…



