La situation épidémiologique dans la zone de santé de Katwa, province du Nord-Kivu, est particulièrement préoccupante. La faute aux mauvaises informations qui circulent au sein de la population.
En première ligne de la lutte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), l’Institut national de la santé publique (INSP) est particulièrement inquiet de la situation épidémiologique dans cinq zones de santé du pays. La zone de santé de Katwa, dans la partie est de la ville de Butembo (province du Nord-Kivu), est comptée dans cette liste rouge.
Centre de traitement d’Ebola
Les chiffres récents annoncent un bilan de 655 cas confirmés et 419 décès à Katwa. C’est l’un des bilans les plus préoccupants. Très vite, l’Hôpital général de référence de Katwa, transformé en centre de traitement d’Ebola (CTE) le 8 juin dernier, a été débordé. Pour faire face à cette avalanche de cas, les autorités sanitaires ont dû ouvrir un nouveau CTE, en septembre dernier, à l’Hôpital de Matanda.
L’INSP est convaincu que si rien n’est fait, la zone de santé de Katwa peut constituer un plus grand risque. Mais encore faut-il parvenir à inverser la courbe de contamination. Une gageure à en croire les soignants de l’Hôpital général de référence. Ils indexent tout particulièrement la prolifération des mauvaises informations sur l’épidémie, ce que les experts appellent l’infodémie. Si on en croit le personnel soignant, les populations à Katwa racontent que tous ceux qui sont internés dans les CTE n’en ressortent jamais.
C’est pour tordre le cou à cette infodémie que les autorités sanitaires rappellent, autant que possible, que des personnes trouvent la guérison dans les CTE de Katwa. Rien que cette semaine, neuf personnes ont retrouvé la santé. Ils sont en tout une centaine dans cette zone de santé.
Influenceurs sociaux
Mais de toute évidence, il va falloir plus que ces coups de communication pour sortir Katwa de la zone rouge. À Kinshasa, on mise particulièrement sur l’éducation des masses. Il y a quelques jours justement, des influenceurs sociaux étaient formés pour aller parler aux populations.
Quoi qu’il en soit, l’infodémie a la peau dure à Katwa. C’était déjà le cas en 2019, lors de la précédente épidémie d’Ebola en RDC.
Cette nouvelle épidémie, déclarée en mai dernier, n’a toujours pas été vaincue, malgré l’optimisme de l’INSP. La situation épidémiologique actuelle fait état de 9 600 cas cumulés, pour plus de 4 500 décès, soit un taux de létalité d’environ 48 %. Par ailleurs, plus de 2 500 personnes ont déjà trouvé la guérison.




