Jean-Marc Kabund : « nous serons dans la rue pour rejeter le changement de la Constitution »

Jean-Marc Kabund : « nous serons dans la rue pour rejeter le changement de la Constitution »

Commentaires
3 min read

Trois mois après une répression sanglante, la coalition d’opposition C64 appelle à nouveau les Congolais dans la rue pour une marche pacifique pour s’opposer au projet de révision constitutionnelle.

Ados Ndombasi porte encore les séquelles de la marche du 12 juin dernier. Ce jour-là à Kinshasa, les forces de l’ordre ont chargé pour disperser une manifestation de la coalition C64. Une grenade lacrymogène a alors explosé tout près de Ados Ndombasi. Dans la foulée, cet opposant à Félix Tshisekedi s’est ouvert le talon. Il lui a fallu une trentaine de points de suture au pied droit. Aujourd’hui, il porte encore une attelle trois mois après. 

Marche pacifique 

Difficile de savoir si Ados Ndombasi sera dans la rue ce 15 septembre. Quoi qu’il en soit, les leaders de la coalition C64 seront à la tête d’une marche pacifique qui aura pour destination le palais du Peuple de Kinshasa. « Nous serons dans la rue pour rejeter avec force le changement de la Constitution, qui va permettre à M. Félix Tshisekedi de s’octroyer un troisième mandat à la tête de notre pays », fait savoir Jean-Marc Kabund, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale devenu l’un des principaux leaders de la coalition C64. 

Mais rien n’exclut que cette nouvelle marche donne lieu à des échauffourées. On se rappelle qu’en juin dernier, la police avait empêché les marcheurs d’atteindre le palais du Peuple. Pour cause, Daniel Bumba Lubaki, le gouverneur de Kinshasa, avait modifié l’itinéraire de la marche la veille. 

Pour ce qui est de la marche de ce 15 septembre, Daniel Bumba Lubaki est pour l’instant resté muet. Par contre, la mairie de Lubumbashi, la deuxième ville de la République démocratique du Congo (RDC) dans le Katanga, a interdit cette marche. Mais il n’est pas certain que la coalition C64 va annuler la marche prévue à Lubumbashi. Les leaders ont même annoncé qu’ils vont communiquer les points de regroupement dans toutes les villes du pays, y compris la grande ville du Katanga.

La communauté internationale

Il faut donc s’attendre à de nouvelles tensions entre les marcheurs et les forces de l’ordre à Lubumbashi. Et certainement dans d’autres villes du pays. Bien que des sources crédibles laissent croire que le gouvernement congolais veut éviter d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la RDC en chargeant la foule. C’était déjà le cas après la marche du 12 juin dernier. Human Rights Watch avait documenté de nombreuses blessures chez les marcheurs de la coalition C64. 

Pour le moment, aucune proposition de révision de la Constitution n’a été déposée au Parlement. Toutefois les soutiens du président Félix Tshisekedi l’encourage à aller jusqu’au bout de ce projet. Ce dernier a lui-même fait savoir qu’il n’est pas opposé à briguer un troisième mandat si c’est la volonté du peuple. Il vient d’ailleurs de convoquer un grand dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.

Partager cet article

About Author

Patrick Ayin

La rédaction vous recommande