Au Niger, comment Abdourahamane Tiani veut exorciser les coups d’Etat

Au Niger, comment Abdourahamane Tiani veut exorciser les coups d’Etat

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Abdourahamane Tiani, au pouvoir à Niamey, reprend le contrôle de l’armée après le coup d’État manqué du mois dernier. Il a pour cela jeté son dévolu sur le général Mamane Sani Kiaou.

Il rejoue « En attendant Godot », la célèbre pièce du dramaturge irlandais Samuel Beckett. Comme dans cette histoire, Abdourahamane Tiani ne se montre pas, pourtant il est attendu depuis le coup d’État manqué du 29 août dernier. Le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) a choisi de se tenir loin des caméras. Il en profite pour redistribuer les clés de l’armée aux hauts gradés. Objectif : éliminer définitivement toute velléité de coup d’État au Niger.

Sécuriser l’armée

Pour atteindre cet objectif, Abdourahamane Tiani a jeté son dévolu sur le général de brigade Mamane Sani Kiaou. Ce haut gradé a été nommé chef d’état-major de l’armée nigérienne le 11 septembre dernier par l’homme fort de Niamey. Il faut maintenant savoir si Mamane Sani Kiaou peut vraiment sécuriser l’armée comme Abdourahamane Tiani le souhaite.

Si le président du CNSP est autant pressé de quadriller la grande muette, c’est parce que son pouvoir a bien vacillé le 29 août dernier, au petit matin. Des éléments des forces spéciales avaient essayé de le renverser depuis la base aérienne 101, l’un des sites militaires les plus stratégiques du pays situé dans l’enceinte de l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey.

La nomination de Mamane Sani Kiaou n’est donc pas fantaisiste. Cet officier supérieur, au profil de commandant opérationnel, connaît bien les forces spéciales, le principal corps d’élite qui est rattaché au Commandement des opérations spéciales (COS). Mamane Sani Kiaou a dirigé les troupes sur le terrain dans la région de Tillabéri, au sud-ouest du Niger. C’est l’un des principaux théâtres d’opération des forces spéciales où ces dernières combattent sans relâche les terroristes islamiques. 

La Garde présidentielle 

Le général Mamane Sani Kiaou va donc s’employer à reprendre en main ce corps d’élite. Exactement comme Abdourahamane Tiani contrôle depuis des années la Garde présidentielle, l’autre puissance de feu de cette armée nigérienne. 

Avant sa nomination, Mamane Sani Kiaou était le chef d’Etat de l’armée de terre. Il a été promu au grade de général en 2025, après de nombreuses missions à Tillabéri. Il a aussi combattu le groupe Boko Haram dans la région de Diffa, à la frontière avec le Nigéria voisin.

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Michel Ange Nga

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