Le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) ne cache pas ses ambitions. Sauf que certains techniciens sont convaincus qu’il est trop tôt pour revoir le Cameroun sur le faîte du football africain.
Le 9 janvier dernier, dans les vestiaires du stade Moulay Abdallah de Rabat, Samuel Eto’o Fils harangue les Lions indomptables du Cameroun. Ils viennent de se faire éliminer de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) par le Maroc, le pays organisateur. C’est la mine des mauvais jours. C’est le moment que choisit Samuel Eto’o Fils, président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), pour tirer des plans sur la comète en annonçant que le Cameroun va aller jouer la prochaine CAN, prévue en 2027 dans trois pays (Kenya, Tanzanie et Ouganda), pour la remporter.
Ce n’est pas la première fois que l’ancienne gloire du football fait une pareille annonce. A l’orée de la Coupe du monde 2022 au Qatar, il avait déjà parié sur une victoire finale du Cameroun. Contrairement à ses prédictions, son pays était sorti au premier tour de la compétition. Certains de ses pourfendeurs s’étaient moqués en remarquant que le Cameroun avait gagné la Coupe du monde des annonces.
Ce nouveau pari de Samuel Eto’o Fils présage-t-il pareille élimination précipitée. Dans l’entourage du président de la Fecafoot, beaucoup soutiennent aussi que le Cameroun a tout pour retrouver le toit de l’Afrique. Ils indiquent tous que l’effectif des Lions indomptables est en reconstruction et surtout que ce chantier est sur la bonne voie. Un avis que ne partagent pas tous les techniciens au Cameroun. « Le Cameroun n’est pas qualifié pour la prochaine Coupe du monde. C’est un désavantage parce que l’équipe qui va gagner la prochaine CAN va sans doute être une des équipes africaines qualifiées pour le mondial. Pour remporter cette compétition, il faut beaucoup de confiance. Et on gagne en confiance en affrontant les grands du football », explique un entraineur camerounais, qui a souhaité donner son avis sous le sceau de l’anonymat.
FIFA Series
Il ajoute aussi que David Pagou, le sélectionneur camerounais, est lui-même en train d’apprendre le haut niveau. Il soutient que le match de quarts de finales entre les Lions indomptables et le Maroc en janvier dernier a bien montré les errements tactiques de David Pagou. Trop sévère, juge-t-on en face. Ceux qui croient à une victoire du Cameroun à la prochaine CAN laissent entendre que le Cameroun a montré un bon visage en Australie il y a quelques mois pendant les FIFA Series, en battant au passage la Chine (2-0). Ce à quoi notre interlocuteur répond : « la performance de 5 jours n’est pas le témoin de ce que tout est fait ».
Quoi qu’il en soit, David Pagou reconnait lui-même qu’il a entrepris un chantier, depuis la récente CAN, dans le but de mettre en place une équipe camerounaise compétitive. Il essaie de nouveaux joueurs qu’il a l’intention de greffer au noyau de son ossature. Si le sélectionneur camerounais continue de bénéficier de l’état de grâce, il sait bien qu’il va falloir se dépêcher de ramener plus de victoire pour éviter que les critiques ne gonflent, comme souvent au Cameroun.



