Nigeria : Zamfara, un État où il est risqué de vivre

Nigeria : Zamfara, un État où il est risqué de vivre

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Les habitants de Zamfara vivent au rythme des raids de bandits armés. Malgré les opérations de sécurité annoncées par les autorités, la population continue de vivre dans la peur.

À 55 ans, Fatima peut s’estimer heureuse d’être encore en vie. Le mois dernier, elle racontait au micro de la BBC comment des bandits armés ont encerclé son village après minuit. Son mari et d’autres habitants du village ont été tués dans cette attaque. Elle réussit à se cacher dans la forêt. Fatima se souvient du dilemme auquel ils ont été confrontés cette fameuse nuit : « Si vous vous réfugiez dans une maison, ils y mettaient le feu. Si vous en sortiez pour fuir, ils vous tiraient dessus ». 

Zone de turbulence

Le drame se passe au nord du Nigeria, dans l’État de Zamfara. Et ce n’est pas un cas isolé. Depuis le mois de juillet 2025, cet État traverse une zone de turbulence due à l’insécurité. Plus de 236 incidents ont déjà été signalés par le SBM Intelligence, un cabinet de conseil et de recherche géopolitique nigérian, spécialisé dans la collecte de données primaires et l’analyse des enjeux politiques, économiques et sécuritaires en Afrique de l’Ouest. 

Selon les témoignages, le mode opératoire est presque toujours le même. Les bandits, la plupart du temps, mènent des razzias dans les villages. Fatima rapporte que le village voisin a tellement été pillé par ces bandits qu’il est devenu impossible d’y trouver le moindre poulet. Quand ce ne sont pas les razzias, les bandits enlèvent des personnes et demandent des rançons pour leur libération. 

Opérations sécuritaires

Cette situation renforce le débat sur la porosité des frontières au Nigeria. À cause de cette porosité, les armes et les bandits circulent sans gêne. Un rapport de SBM Intelligence pointe aussi du doigt la faible réponse des autorités. Le même rapport fait savoir que les autorités de Zamfara n’ont mené que quatre opérations sécuritaires en une année. 

Ce qui pourrait bien changer à quelques mois de l’élection présidentielle de janvier 2027. Le ministre de la Défense, Bello Matawalle, lui-même ancien gouverneur de Zamfara, a réaffirmé la détermination du gouvernement à éradiquer le banditisme et les autres formes de criminalité sur toute l’étendue du territoire national. Une sortie qui peine toutefois à convaincre les habitants de Zamfara.

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Patrick Ayin

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